Quand les fascistes tentent de falsifier l’histoire et réhabilitent le colonialisme...

lundi 17 octobre 2005
mis à jour samedi 21 janvier 2006

Dans un communiqué de juin 2005, la LDH de Toulon informait de l’attribution par Daniel Simonpiéri [1], maire de Marignane (Bouches-du-Rhône), à l’Association de Défense des Intérêts Moraux et Matériels des Anciens Détenus et Exilés politiques de l’Algérie française (ADIMAD), d’une parcelle vierge dans le nouveau cimetière de sa ville. L’ADIMAD souhaitait y « ériger un mo-nument à la mémoire d’anciens membres de l’Organisation Armée Secrète (OAS) emprisonnés ou condamnés à mort ».

Très vite, de nombreuses organisations engagées dans le combat contre le racisme et le fascisme, dont Solidaires, organisent une manifestation samedi 2 juillet pour demander l’interdiction de la stèle. A la suite de cette manifestation qui a réuni environ 200 personnes à Marignane, un appel à un rassemblement le 6 juillet est lancé au cas où les autorités compétentes n’auraient pas prononcé l’interdiction.

C’est seulement le 5 juillet, la veille de l’inauguration, que le préfet des Bouches du Rhônes prononce l’arrêté interdisant l’inauguration de la stèle ; mais celui-ci ne porte que sur la commémoration et non sur la pose de la stèle elle-même. Entre temps, cette dernière avait été érigée grâce à une complaisance complice et active de la Mairie de Marignane. Les nostalgiques de l’Algérie française, n’ont certes pu aller jusqu’au bout de leur projet. Ils ont pourtant osé parader dans les rues de Marseille et de Marignane, puis, tenté de forcer l’interdiction, en allant déposer des gerbes devant le cimetière sans parvenir jusqu’au monument illégal mais pourtant toujours en place.

Il est inacceptable que dans une période où les populations issues de l’immigration des anciennes colonie continuent à subir des discriminations, de telles nostalgies trouvent des possibilités d’affirmation. Celles-ci, comme la loi du 23 février 2005 qui vise à présenter un « rôle positif des entreprises coloniales », n’ont d’autre objectif que celui d’occulter les heures sombres de l’histoire de France et de stigmatiser les peuples qui ont légitimement lutté pour accéder à l’indépendance. La vigilance ne doit pas faiblir et les mobilisations doivent s’amplifier afin d’exiger :
- L’abrogation de la loi du 23 février 2005.
- La démolition de l’ensemble des monu-ments érigés pour glorifier des assassins pour lesquels le droit à l’indépendance, comme le droit à la justice sociale et à l’égalité de droit, sont des libertés inadmissibles.
- Une riposte d’ampleur nationale doit dès aujourd’hui s’engager car ce qui a été réalisé à Louvroil, où ni stèle ni cérémonie n’ont été possibles, doit être obtenu partout où des fascistes croient pouvoir impunément falsifier l’histoire.

Sud éducation Bouches-du-Rhône


[1Divers droite, ex MNR, ex FN.

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