Qui veut la peau du syndicalisme de lutte ?

vendredi 27 mai 2011

À nouveau, Sud éducation est confronté à une attaque orchestrée par le pouvoir et quelques alliés objectifs pour lui dénier sa représentativité acquise auprès des personnels et les moyens nécessaires à son fonctionnement.

Déjà, en 1996, peu après l’éclosion de nombreux syndicats Sud à la suite de la grève de novembre—décembre 95 contre la réforme de la sécu et des retraites (dans les transports), le gouvernement Chirac—Juppé de l’époque, appuyé —voire téléguidé— par certaines organisations syndicales installées (CFDT et FO en particulier), a fait adopter à la sauvette un amendement à la loi Perben sur la fonction publique : celui-ci a imposé un barrage pour la participation aux élections professionnelles de la Fonction publique aux organisations qui ne bénéficient pas depuis 1964 d’une « présomption irréfragable de représentativité » et dont la liste est : CGT, CFDT, FO, CGC et CFTC (auxquelles s’ajoutent normalement dans l’Éducation nationale l’UNSA et la FSU).

Sud éducation a dû se battre sur les terrains militants et juridiques (occupation du Conseil constitutionnel en 1999, du ministère de l’EN en 2001, nombreux recours en tribunal administratif et cour administrative d’appel, etc.) et, le plus souvent —quoique pas toujours— gagner pour imposer son droit à ce que ce soient les personnels (et non l’administration) qui choisissent leurs représentants en toute liberté et indépendance.

Au fil des années, les syndicats Sud éducation et la Fédération ont acquis lors des élections successives une audience auprès des personnels et une représentativité locale et nationale indiscutables, avec des scores en augmentation constante et des sièges dans différentes instances (CAPD, CAPA, CAPN, CTP académiques et national, Conseil Supérieur de l’Éducation nationale, etc.).

Aujourd’hui, c’est une autre offensive d’envergure contre la liberté syndicale

Lors des élections professionnelles d’octobre 2011 —qui, pour la première fois, concerneront toute la fonction publique de l’État— le gouvernement appuyé ostensiblement, maintenant, par la CGT, la CFDT et la FSU entend subordonner les droits d’existence et de fonctionnement d’un syndicat à son obtention d’un siège au moins à une nouvelle instance élue nationalement (le comité technique national).

Ce nouveau et unique critère de représentativité ignore tout ce qui fonde le syndicalisme que nous voulons : l’indépendance à l’égard de tous les pouvoirs et de toutes les hiérarchies, comme de tous partis politiques et toutes puissances financières, l’activité militante et la capacité à mobiliser les travailleurs, le fonctionnement collectif de l’organisation syndicale et le refus de la bureaucratie. Il fait fi des choix des personnels exprimés dans les assemblées générales, les luttes et même les élections professionnelles locales. Ces nouvelles dispositions, qui résultent des « accords de Bercy » et de la loi d’août 2008 voulus par Sarkozy —et approuvés par la majorité des organisations syndicales dont, malheureusement, Solidaires !— visent à modifier en profondeur la nature du syndicalisme en France.

C’est bien une uniformisation européenne qui est poursuivie, par alignement sur le modèle allemand d’un syndicalisme intégré à l’appareil d’État, avec des bureaucraties stipendiées privilégiant la cogestion (sous le vocable « négociation ») et évitant soigneusement tout affrontement avec le pouvoir politico-financier dans les pratiques, ainsi que toute rupture avec le capitalisme dans les objectifs.

Avec Sud éducation, toutes celles et tous ceux qui sont au contraire attachés au syndicalisme de lutte pour transformer radicalement la société et, dans leur secteur professionnel, faire aboutir les revendications des salariés en même temps que sauvegarder une certaine idée du service public doivent se mobiliser sans tarder pour dénoncer et empêcher la dérive programmée du mouvement syndical et le contrôle de la société dans laquelle elle s’inscrit.

Au-delà des enjeux purement électoraux —d’abord, en juin 2011 constitution de listes locales et nationales complètes pour les CAPD-CAPA-CAPN de tous les corps de l’éducation nationale ainsi que pour les nouveaux comités techniques, ensuite en octobre obtenir le maximum de suffrages et donc d’élus pour représenter les personnels dans ces instances— l’échéance qui s’ouvre doit être celle de l’action pour imposer la conception du syndicalisme authentique qui a présidé à notre fondation. Dans cette action collective doivent se retrouver en première ligne toutes les adhérentes et tous les adhérents de Sud éducation.

Sud éducation Paris

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