Quinze ans déjà, coucou le revoilà !

 décembre 2001
mis à jour dimanche 3 avril 2005

Lors de l’hiver 87, le projet de décret du ministre de l’Education Monory, instituant le grade de "maître-directeur", visait déjà à installer un supérieur hiérarchique dans chaque école, conçu comme "le représentant direct du ministère dans les écoles".

Figuraient, entre autres, dans ses attributions :
- "l’admission des élèves et leur répartition entre les classes et les groupes, la répartition des moyens d’enseignement, les modalités d’utilisation des locaux scolaires", ainsi que de nouvelles obligations comme "assurer l’accueil des élèves", ce qui revenait à remettre en cause le droit de grève, ou comme "fournir tout renseignement demandé par les autorités académiques" (art.2),
- "la participation aux actions de formation", porte ouverte à la formation sur le tas, alors que les postes de P.E.N (Prof d’Ecole Normale) sont massivement supprimés.
- "la responsabilité des relations avec les parents d’élèves, les élus locaux, les agents économiques et les associations culturelles et sportives (art.4), que l’on retrouve dans le projet actuel de "coordinateur de groupement d’écoles".

Ce projet, s’il s’inscrivait dans la logique toujours en vigueur de libéralisation de l’enseignement, et de son alignement sur les besoins des décideurs économiques, a surtout suscité des réactions du fait de son aspect "mise en place d’un contre-maître", en contradiction flagrante avec les traditions des établissements du premier degré.

Cela revenait en clair à remettre en cause le pouvoir de décision collégial du conseil des maîtres institué dès les origines, et à basculer dans un fonctionnement de type hiérarchique, où la déresponsabilisation des instituteurs allait de pair avec leur mise sous tutelle.

Face à cette menace, la profession réagit : devant l’immobilisme des directions syndicales et l’urgence d’une riposte (le décret devant être signé par Chirac, alors premier ministre), 22 instituteurs du SGEN, de l’Ecole Emancipée et des non-syndiqués, pour beaucoup membres du Collectif de refus d’inspection, réunis en AG, décident de lancer une coordination locale et un mouvement de grève, soutenu par le SGEN Paris. L’exemple récent (1986) des coordinations d’étudiants, puis de cheminots, est déterminant dans ce choix de structuration. Un mois plus tard, après avoir fait tache d’huile, percé la barrière des médias et obligé les organisations syndicales majoritaires à bouger, les coordinations se sont multipliées, et un tiers de la profession défile dans la rue contre le décret. Point d’orgue du mouvement, l’occupation du Sénat par 200 instituteurs et institutrices.

Si la droite au pouvoir reste alors inflexible, l’ampleur du mouvement amène les socialistes à abroger le décret dès leur retour aux affaires, l’année suivante.

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