Rapport Thélot

Communiqué de presse
dimanche 31 octobre 2004
mis à jour samedi 25 août 2007

Saint Denis, le 13 octobre 2004

Il y a un an nous dénoncions la mascarade du « grand débat » qui n’était qu’une mise en scène destinée à légitimer une politique éducative libérale déjà engagée. Aujourd’hui la commission Thélot rend son rapport dont la grande ambition semble être de renoncer à toutes les ambitions encore existantes dans l’Education Nationale...pour la mettre au service exclusif de l’économie. On est bien loin du rapport Langevin-Wallon qui, dans les ruines de l’après-guerre, fixait pour but au système éducatif l’accroissement progressif et universel du niveau des connaissances.

Ce rapport annonce la fin du collège unique, qui certes n’avait jamais vraiment existé dans le quotidien, mais qui restait un objectif atteignable. Il s’agit maintenant d’offrir un SMIC culturel à chaque élève, idée qui avait déjà été évoquée par C.Allègre en son temps. L’Ecole sera donc a plusieurs vitesses et l’idée de « donner plus à ceux qui ont moins » s’est définitivement évaporée...

Bien entendu, cette régression au niveau de l’offre pourra facilement s’accompagner de restrictions budgétaires (à moins que ce ne soit l’inverse). D’autre part la redéfinition des missions de l’enseignant constitue une attaque sans précédent de leurs statuts. Flexibilité, polyvalence sont ici déclinés dans tous les sens, au dépens de la qualité.

Dernier aspect contestable de ce rapport, la caporalisation devient le mode de gestion des personnels de l’Education Nationale. Nous savions déjà le processus largement engagé chez les personnels TOS, le voilà qui rattrape les enseignants ! Sous couvert d’autonomisation des établissements, on nous annonce la création de chefs d’établissement dans le premier degré (le rapport Pair a donc été retrouvé), et la multiplication des chefs de service dans le second degré.

Ce rapport, poisson-pilote de la future réforme de la Loi d’orientation prévue pour la fin de l’année, dessine un véritable projet politique. Celui du fatalisme social qui renonce à porter la culture dans les milieux populaires ; celui de l’économisme, surtout, qui asservit le savoir et sa transmission aux impératifs de la production ; celui de l’autoritarisme, enfin, qui fait de la soumission à la hiérarchie un enseignement fondamental et soumet les personnels aux diktats du management moderne. Contrecarrer ce projet exige une action résolue, en lien avec les parents conscients des graves attaques que leurs enfants vont subir... Pour que les Lumières ne s’éteignent pas tout à fait à l’Ecole !


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