Réforme du lycée : consensus de la mauvaise copie

dimanche 15 juin 2008
mis à jour lundi 23 juin 2008

SUD éducation ne signe pas le texte proposé par Darcos

« Points de convergence sur les objectifs et les principes directeurs de la réforme du lycée ».

Et pour cause : la réduction de la fracture sociale n’est qu’un effet d’annonce en trompe l’oeil et les bonnes intentions sont niées par l’absence de financement.

Nous ne répondrons pas au chantage du stylo en guise de dialogue social. C’est en effet une première que d’exiger des organisations syndicales une signature sur les principes d’une réforme, comme préalable à une soi-disant négociation avec elles sur l’avenir du lycée.

Mais nous ne sommes pas dupes sur les objectifs de ces 4 pages.

- Diminution du coût scolaire :

Moins d’heures de cours grâce à une « diversification du temps global de l’élève » et une volonté de « développement du travail personnel autonome ».

L’éclatement du groupe classe et donc de la référence à des horaires disciplinaires et nationaux grâce à la « modularité de l’enseignement » soi-disant pour faciliter la progression.

L’augmentation de la charge de travail des enseignants et la réduction des personnels spécialisés (Conseillers d’orientation-psychologues, infirmiers, assistantes sociales…) grâce à une nouvelle conception du métier d’enseignant apparemment parce que « les élèves souhaitent d’autres relations avec leurs enseignants que le cours » et pour « reconnaître le travail en équipe ».

- Accroissement de l’autonomie des établissements pour « réduire le poids des déterminismes sociaux ». Qui peut croire qu’en adaptant localement « les modalités de fonctionnement et l’organisation des enseignements » le gouvernement veut diminuer les inégalités. Certainement pas les personnels des établissements les plus difficiles qui, en réponse à leurs demandes de moins d’élèves par classe, de travaux en petits groupes et de plus de personnels, n’ont eu droit qu’à des suppressions massives de postes, des fermetures de sections et la remise en cause de la carte scolaire.

Les lycéens, qui ont exprimé à de nombreuses reprises leurs « aspirations » et leur « positionnement dans la société » n’ont eu comme réponse que la répression violente (à Lyon, à Paris, à Grenoble…).

Cette réforme démagogique, dont l’objectif premier serait de « répondre aux attentes des lycéens » s’inscrit bien, comme celle des programmes de primaire, de la LRU et des lycées professionnels dans la même logique de restriction du budget de la fonction publique, du démantèlement des statuts et de la gestion managériale des établissements.

Seule la lutte et non de pseudo-concertations peuvent faire entendre nos revendications.

Saint Denis, le 13 juin 2008

Documents joints

Communiqué réforme du lycée

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