Rencontre avec Ghezala M’Hamdi, militante de Gafsa, agressée par le chef de police du district.

lundi 26 janvier 2009

Ghezala M’Hamdi a 30 ans, habite Gafsa et est une militante connue dans la région. Elle est adhérente au Parti Démocrate Progressiste, parti d’opposition et milite dans le Comité des Chômeurs diplômés de Gafsa ainsi que pour Amnesty International. Elle a participé aux manifestations de soutien aux chômeurs de Redeyef dès leur début. Elle a eu le malheur de prendre des photos les manifestants de Redeyef transportés à l’hôpital après avoir subi des violences policières. C’est la raison non avouée pour laquelle, il y a deux mois, elle a été licenciée de son travail dans une association de développement local qui dépend du gouvernorat de Gafsa. Mais ses ennuis ne se sont pas arrêtés là pour autant. Elle a essayé de rencontrer un représentant du gouverneur pour obtenir des explications et exiger sa réintégration en se rendant au siège du pouvoir local, sans succès. Mais alors qu’elle s’apprêtait à quitter les lieux, elle a été violemment agressée par le chef de police du district, Fekel Faeyala sous le regard complice du chef de la police politique locale. La brute bien connue pour ces pratiques lui a brisé le nez. Les coups ont causés de nombreux hématomes sur le visage de la jeune fille. Bien sûr, il est tout à fait inutile d’essayer de porter plainte contre ce tabassage en règle. Les deux sinistres collectionnent les plaintes pour des méfaits semblables dans toute la région et bénéficient d’une impunité totale. Le 13 janvier, Ghezala a voulu assister au procès en appel des 38 inculpés de Gafsa mais l’entrée lui a été refusée ainsi qu’à la femme d’un détenu et à des militants de Redeyef et de Gafsa. Elle a du attendre la suspension pour délibération du procès pour rencontrer les membres de la délégation internationale venus apporter leur soutien aux accusés. Elle nous a présenté une copie du certificat médical attestant des violences subies et d’un arrêt de travail de 30 jours. A la reprise du procès, les avocats de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme ont exigé que celles et ceux qui avaient été refoulés le matin puisse entrer. Fekel Faeyala, pris à parti par Ghezala, s’est alors publiquement vanté de son « exploit », sans aucune vergogne ! Le témoignage de Ghezala n’est malheureusement qu’un exemple parmi beaucoup d’autres des pratiques policières encouragées par la dictature de Ben Ali. Le seul tort des cette militante ? Résister, malgré les menaces, les violences, le risque d’incarcération...

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