Rentrée 2007 : De Robien abat sa dernière carte

mardi 6 mars 2007
mis à jour samedi 28 avril 2007

Les conditions de la prochaine rentrée [1] feront qu’on n’oubliera pas de Robien de sitôt. Suppressions de postes à gogo et saupoudrage destiné aux médias, aucun secteur de l’Education nationale n’est épargné par son zèle réformateur. Au final, en 2007 nous allons travailler plus, dans de moins bonnes conditions et pour gagner encore moins.

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Classes surchargées dans le 1er degré

Pour faire face à l’arrivée de 24000 élèves supplémentaires en primaire, le ministère annonce triomphalement la création de 500 postes... soit un poste créé pour 48 élèves de plus ! Il faut donc s’attendre à des classes surchargées à la rentrée. Mais la dégradation ne s’arrête pas là. En supprimant 300 postes d’intervenants extérieurs en langues vivantes, le ministère ne jette pas seulement 300 collègues précaires de plus au chômage. Il accroît aussi la pression sur les instits et professeurs des écoles pour l’enseignement d’une langue vivante en classe. Et pour notre formation, une conseillère pédagogique passera nous voir un midi... peut-être.

Dans le secondaire, gagner moins en travaillant plus

Cette politique de rationnement se renforce dans le 2nd degré. Pour s’adapter à une baisse démographique de 25000 élèves [2], le ministère supprime 2002 postes. Mais le compte n’y est pas. Avec un poste supprimé pour 12,5 élèves de moins, ce sont des classes aux effectifs toujours plus pléthoriques qui nous attendent à la rentrée. Une situation aggravée en langues par la suppression de 200 contrats d’assistants étrangers.

Et ce n’est pas tout ! Car grâce à la réécriture du décret de 1950, le ministère annonce aussi la disparition de 3058 Equivalents Temps Pleins (ETP) : une économie faite sur le dos de nos heures de décharges, qui s’accompagnera d’une multiplication des compléments de services sur plusieurs établissements (y compris hors commune) et de l’obligation d’enseigner d’autres disciplines que la nôtre... sans formation, ça va de soi.

Tout est donc prêt pour multiplier les remplacements de courte durée en interne, y compris une rallonge de 10 millions d’euros affectée spécifiquement à ce type d’Heures Supplémentaires Effectives (HSE). Cette somme équivaut aux économies faites sur les HSE Hors Courte Durée (-10,2 millions d’euros) : un tour de passe-passe rendu possible par le basculement d’une part importante des HSE Hors Courte Durée dans notre temps de service normal, suite à la suppression de nos heures de décharge. Autrement dit, nous autofinançons nos Heures Supp’ de remplacement en interne.

Marché de dupes en Vie scolaire

Effet collatéral du mouvement anti-CPE dans les lycées, les quelques créations de postes en Vie Scolaire sont essentiellement des effets d’annonce qui masquent mal la misère réelle sur le terrain. De même, la création de 300 postes d’infirmières scolaires est loin de compenser le retard en ce domaine. A ce rythme, il faudrait encore plusieurs années pour en voir les effets concrets sur l’ensemble du territoire. Saupoudrage, encore, avec les 40 postes de médecins scolaires créés cette année. Certes, c’est 30 de plus que dans les premiers documents ministériels, mais au détriment des Assistantes sociales pour lesquelles on ne crée plus que 20 postes... au lieu des 50 prévus initialement. Seuls quelques “réseaux ambition-réussite” verront peut-être la différence. Partout ailleurs, là où les journalistes ne seront pas invités, rien ne change. Et surtout pas pour les CPE et les COP, pour lesquels aucun poste supplémentaire n’est prévu !

Gains de productivité pour les IATOSS

C’est bien connu, on se tourne les pouces dans les bureaux. Heureusement, il y a de Robien ! En supprimant 400 emplois, dont 340 dans les services déconcentrés et 60 dans l’administration centrale, notre futur ex-ministre remet enfin la France au travail. Les rectorats étaient déjà injoignables, on sait maintenant pourquoi ce n’est pas près de s’arranger. En cas de problème, mieux vaudra donc contacter votre syndicat !

La longue marche de la Médecine professionnelle

Parent pauvre de l’Education nationale, ce secteur se voit gratifié de 20 postes supplémentaires (+10 postes ETP), dont la plupart à mi-temps. Avec 61 médecins du travail (ETP) au lieu des 51 actuels, la vie va donc changer pour les 892455 travailleurs de l’Education nationale ! Car avec un seul toubib pour 14630 salariés, on finirait par croire que la dégradation de notre métier ne nous rend pas malades !

Sud éducation Créteil


[1L’ensemble des documents du Comité Technique Paritaire Ministériel du 11 Janvier 2007 est disponible sur notre site Internet : www.sudeducation.org

[2Soit 11800 élèves de moins en collège, 10100 en lycée, 3600 en LEP et 700 élèves supplémentaires en post-bac.

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