Réponses à Darcos de la CNU et de la coordination nationale des IUFM

samedi 21 mars 2009

Coordination Nationale Universités

Réponse à la lettre de Xavier Darcos aux syndicats

Dans sa lettre envoyée à l’ensemble des organisations syndicales, Xavier Darcos, Ministre de l’Éducation
Nationale, annonce le report d’un an de l’entrée en vigueur des nouveaux concours. Cette manoeuvre
dilatoire, relayée par certains médias, consiste à faire croire à l’opinion publique que la "réforme" de la
formation des enseignants est repoussée d’un an. Il n’en est rien.
Au lieu d’un report pur et simple de la "réforme" des concours et de la formation des enseignants, Xavier
Darcos propose un montage en deux temps. La mastérisation de la formation des enseignants, qui
constitue le premier volet de la "réforme", aura bien lieu à partir de la rentrée prochaine, mais avec
maintien des concours actuels en 2010. L’allongement des études financées par les étudiants et la perte
de l’année de stage rémunérée, y compris pour les lauréats du concours 2010, sont confirmés par
l’application immédiate des stages de 108 heures. La "réforme" du concours de recrutement, qui
constitue le second volet, est reportée à 2011.
Loin de clarifier la situation, ce supposé délai n’est qu’une réécriture à vue d’un décret d’une
invraisemblable inconséquence, proposant une application de la "réforme" en deux temps. La
Coordination Nationale des Universités constate que par ce simulacre de recul le Ministère continue
encore et toujours d’afficher son mépris pour tous les personnels de l’Éducation mobilisés contre la
"réforme" dite de mastérisation des concours.
La Coordination Nationale des Universités dénonce cette nouvelle supercherie et exige un retrait total et
sans concession des deux volets de la "réforme" : réforme des concours et réforme de la formation des
enseignants. Elle réaffirme que ce retrait demeure plus que jamais l’un des préalables indispensables à
l’ouverture de toute discussion. Notre réponse à Xavier Darcos : tous dans la rue le 24 mars !
Coordination Nationale des Universités (21 mars 2009)

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CNU

Coordination Nationale IUFM

Lettre de Darcos : première synthèse de remarques

Point 1

Ouverture de discussions sur la place du concours mais le Ministère campe sur la position du concours en M2, la
discussion ne porterait que sur la place dans l’année de M2. La place du concours en M2 avait été signalée
comme un point d’achoppement fort, car la focalisation sur le concours mobiliserait toute l’énergie des
étudiants, au détriment des autres aspects des études et de la formation. Certes ce risque serait minimisé si le
concours était placé en début d’année, mais même dans ce cas, d’autres problèmes demeurent :
- à l’issue du concours, certains étudiants seront lauréats, d’autres non. L’organisation d’un cursus commun à
cette double cohorte risque d’être délicate.
- on ne connaîtra le nombre d’étudiants reçus et le nombre d’étudiants collés qu’à l’issue du concours, or cette
donnée est nécessaire pour l’organisation de la formation et en particulier des stages en responsabilité. Le
problème sera surtout crucial pour les CAPES, CPE, CAPLP, COP, car le nombre de lauréats par Académie est
imprévisible.
Conclusion : il n’y a pas véritablement d’espace de négociation : seul le mois du concours est
proposé à la discussion, l’année du concours n’est pas soumise à discussion. Bref, l’année de M2
reste problématique.

Point 2

Aucune précision technique (durée ? rémunération ? qui aura droit à ces stages ?...), donc aucune garantie.

Point 3

Rien de précis sur le dispositif annoncé. Maintien de la proposition d’aide sous forme de postes d’AED. Or ce
type de poste est incompatible avec la poursuite d’un master et la préparation d’un concours
Conclusion : ce point n’apporte aucune information nouvelle, le Ministère reste sur ses positions.

Point 4

Seul un tiers du temps de l’année de stage est prévu pour la formation. Pendant très longtemps, la première
année d’exercice les professeurs stagiaires assuraient un tiers de service et disposaient des 2 autres tiers de
l’année pour se former et préparer leurs cours. La proportion serait donc inversée.
Conclusion : ce point n’apporte aucun élément nouveau, le Ministère reste sur ses positions.

Point 5

Point positif : il est fait mention des maîtres-formateurs.
Point ambigu : il n’est pas fait mention des IUFM.
La notion de "tuteur" n’est pas définie.

Point 6

Le texte : annonce des négociations sur la revalorisation mais ne dit rien de précis.
Conclusion : ce point n’apporte aucune information nouvelle.

Point 7

Simple annonce de la prise en compte d’un thème de discussion
Conclusion : ce point n’apporte aucune information nouvelle.
Coordination Nationale IUFM

Point 8 :
le Ministère fait en sorte que la rentrée 2009 soit un bazar monstrueux !
Ce que le Ministère présente comme une concession n’en est pas une :
- l’autorisation de se représenter aux concours (ce qui n’est pas la même chose que l’autorisation de
doublement) accordée aux candidats présents aux épreuves d’admissibilité n’est pas un cadeau, c’est un droit.
Point éminemment problématique : "pourront également se présenter aux concours de la session 2010, les
étudiants inscrits en M1 à la rentrée universitaire 2009" :
- cela suppose que les masters soient mis en place dès la rentrée 2009. Autrement dit que les maquettes aient
été déposées ou le soient dans 10 jours.
- or les maquettes déposées et celles qui sont en cours d’élaboration, ont été établies à partir d’un cahier des
charges prévoyant que le concours serait passé en M2 (cette contrainte était d’ailleurs l’un des points les plus
contestés).
Le Ministère fait donc le forcing pour obtenir le dépôt des maquettes. Examinons la situation sans la
penser en termes de concurrence, comme le Ministère tente de nous le faire faire. On aurait à la rentrée 2009 :
- des établissements qui n’auraient pas déposé de master (en particulier les IUFM) et qui donc ne pourraient
accueillir des étudiants préparant les concours. Les IUFM dans ce cas n’auraient comme étudiants à la rentrée
2009 que les lauréats des concours de cette année. Les universités intégratrices seront amenées à réorganiser
profondément leurs services pour gérer cette difficulté.
- des établissements qui ont déposé les nouveaux masters et qui avaient déjà des masters traditionnels. Dans
ces établissements, certains étudiants d’une même filière passeraient le concours en M1, tandis que d’autres le
passeraient en M2. On imagine la pagaille...
- des étudiants qui auraient des difficultés à s’inscrire à des préparations convenant à leur cas.
La situation serait dramatique pour la préparation au concours de professeurs des écoles et au CAPLP, car les
IUFM n’auraient pas de masters où les inscrire et même si des universités proposent des masters préparant à
ces concours, leur offre est très insuffisante et inappropriée, car elle prévoit que le concours se passera en M2.
- des étudiants qui prépareraient les concours en M1 et qui, l’année suivante, seraient disponibles pour leur
master, condition indispensable pour être recrutée comme stagiaires, tandis que d’autres passeraient leur
concours lors de l’année de M2.
Bref, sur une même Académie des offres de master illisibles pour les étudiants.

Point 9

Seul point vraiment positif de l’ensemble : le maintien des concours sous leur forme actuelle. Mais il manque le
maintien des dispositifs de formation.

Point 10

Aucun changement par rapport aux mesures déjà annoncées.
Conclusion d’ensemble
La seule avancée est celle du maintien des concours sous leur forme actuelle. Mais elle n’est pas assortie
des autres éléments qui permettraient la sortie de crise.

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