Résolution International

vendredi 7 décembre 2012

Texte adopté aux journées complémentaires du VIème Congrès Fédéral des syndicats SUD éducation de mai 2012 à Montpellier, les 29 et 30 novembre 2012 à Créteil

Résolution International

1. Les politiques de régression sociale dans de nombreux pays prennent pour prétexte la dette et la crise. Les réponses à ces politiques de la part de la plupart des grosses centrales syndicales ont été plus que timides (manifestations à Bruxelles et Strasbourg en 2005-2006 et en 2010 et déclarations de principe). La Confédération Européenne des Syndicats a encore montré sa volonté d’accompagner les réformes et de cautionner les régressions, c’est le cas dans le secteur de l’éducation en Europe notamment.

Néanmoins, à l’intérieur des grosses confédérations européennes, dans certains secteurs, des fédérations ont dénoncé l’immobilisme de leurs directions. Le paysage syndical est donc en train de changer au niveau européen. Les valeurs de la fédération SUD éducation ne peuvent que l’amener à dénoncer la complicité des directions syndicales européennes. Pour autant, se pose une question de stratégie en cette période où le développement d’une riposte à l’échelle internationale est plus que jamais nécessaire. La stratégie de Solidaires est de prendre en compte ces mouvements de la géographie syndicale européenne afin de construire de façon ouverte des mobilisations de plus en plus larges.

2. La fédération des syndicats SUD éducation est membre du Réseau européen des syndicats alternatifs et de base. Ce réseau regroupait au départ un noyau de syndicats de base, alternatifs et anticapitalistes essentiellement d’Italie, d’Espagne, de Suisse et de France (CUB et Unicobas pour l’Italie, CGT espagnole, SUD Canton de Vaud, et Solidaires et CNT pour la France). Rapidement s’est imposée auprès de la majorité la nécessité de l’élargir afin notamment d’y intégrer des forces, tendances et réseaux combatifs de pays dans lesquels il n’y a pas de syndicats de ce type, souvent parce que la législation favorable aux syndicats co-gestionnaires interdit leur création ou la rend très difficile (Belgique, Allemagne, où la FAU a dû lutter pour être reconnue récemment, Royaume Uni). D’autre part, il existe dans les grosses centrales de ces pays des syndicats, des tendances (comme la TIE pour l’Allemagne), voire des fédérations combatives (comme RMT au Royaume-Uni) qui souhaitent davantage de coordination au niveau européen, notamment dans l’éducation. Souvent, ces forces participent aux Forums Sociaux Européens dans lesquels on trouve beaucoup de syndicats de l’éducation également. Sur ce point, Solidaires a souvent déploré l’absence de SUD éducation dans ces rencontres. La fédération a fait des choix sensés par rapport à ces forums : les difficultés de participation aux fréquentes réunions d’organisation, leur financement et les effets bien faibles en matière de mobilisation nous ont amenés à nous en retirer. Est-ce toujours pertinent aujourd’hui, c’est sur ce point que doit porter le débat dans les semaines qui viennent si nous voulons élargir nos contacts à d’autres pays européens.
Le réseau alternatif européen s’est en tous cas élargi très rapidement depuis deux ans : la TIE et la FAU pour l’Allemagne, IAC et Intersyndicale pour l’Espagne, USB pour l’Italie, Août 80 en Pologne a dit son intérêt... Ce qui fait la force de ce réseau, c’est sa souplesse et sa combativité. Ce qui fait sa faiblesse, c’est justement la construction de liens durables avec d’autres syndicats européens de plus en plus combatifs, notamment dans des confédérations qui ne le sont pas, c’est-à-dire qui ne sont ni « de base » ni « alternatives ». Cela dans le but de créer des mobilisations d’ampleur. Pour gagner en visibilité, des conférences communes ont été organisées dans les différents pays afin de partager nos représentations des effets de la crise, notamment sur la destruction du service public européen d’éducation. Ces conférences, ainsi que des campagnes d’information et d’affichage sont nécessaires pour faire connaître à l’ensemble des salariés et collègues européens qu’il existe une alternative syndicale. C’est plus complexe quand il s’agit d’organiser des manifestations, et à plus forte raison des grèves à l’échelle européenne, d’abord en raison des législations nationales et des contraintes qu’elles entraînent. Lors de l’anti-G20 de Nice, néanmoins, un cortège derrière une banderole commune a réuni les membres du réseau.
Dans le cadre de l’interpro, comme dans le cadre de l’éducation, la fédération des syndicats SUD éducation doit jouer son rôle et se donner les moyens de participer à la construction d’une riposte internationale, européenne dans un premier temps. Il faudra cependant admettre que la construction d’une grève générale européenne ne pourra se faire sur la base de ces seules forces du réseau et réfléchir aux moyens d’élargir les mobilisations à venir.

3. Mais pour la fédération des syndicats SUD éducation, l’Europe et plus généralement le travail international ne se limitent pas aux frontières artificielles de l’U.E., c’est-à-dire la Méditerranée.
Ainsi, depuis 2007, la fédération a participé à la création et au développement du Réseau syndical euro-maghreb. Ceci a permis de nouer des contacts solides avec des syndicats de lutte dans toute la région (Snapap et Intersyndicale autonome en Algérie, UGTT fédération du secondaire en Tunisie, ODT/ODE Maroc et CTUWS et Syndicat autonome de l’éducation en Égypte, entre autres). Ces contacts sont très instructifs pour nous, tout d’abord dans la mesure où ces pays ont subi des réformes, dans le secteur éducation, imposées par le FMI et ce depuis déjà plusieurs années. Cela démontre encore que la crise n’est qu’un prétexte pour démanteler et livrer au marché l’éducation, du primaire au supérieur. On ne peut que constater les similitudes entre ces réformes et celles qui touchent les pays européens. On peut ainsi observer directement et analyser les impacts sociaux de celles-ci. Cela peut constituer, le cas échéant, un levier de mobilisation dans notre secteur dans chacun de nos pays.
D’autre part, la création de ce réseau s’est concrétisée par des actions de solidarité comme la participation de délégations au procès des inculpés de Gafsa, berceau de l’insurrection tunisienne dès fin 2008. Nous avons ainsi noué des contacts durables avec les syndicalistes qui au sein d’une UGTT encore sclérosée luttaient déjà pour plus de justice sociale. Les révoltes/révolutions des peuples du Maghreb et d’Égypte, et le rôle de ces syndicalistes dans celles-ci, ne peuvent que nous encourager à poursuivre ce travail. Ainsi, les camarades avec lesquels nous étions déjà en contact ont été parmi les acteurs de premier plan dans les révolutions en Tunisie et en Égypte, et continuent à lutter en Algérie et au Maroc (Mouvement du 20 février).
La fédération SUD éducation continuera à soutenir les luttes de ces camarades et à dénoncer les exactions des gouvernements de ces pays. Paradoxalement, l’engagement de Solidaires, et dans l’union syndicale, spécialement de SUD éducation, a montré le sérieux de son travail international et a ouvert pour ces raisons de nouveaux contacts avec certains syndicats et organisations européens, et même au-delà.

4. Nous ne négligeons pas pour autant les solidarités déjà anciennes dans la fédération avec des organisations sur d’autres continents :
- l’Amérique dite latine avec des syndicats de la CTA argentine (ATEN de Neuquén, AMSAFÉ de Rosario) ainsi qu’avec le Front Populaire Darío Santillán, avec l’emblématique Syndicat Mexicain des Électricien-ne-s et le non moins emblématique mouvement zapatiste (et malgré les difficultés, nous continuons à essayer de tisser des liens avec des syndicats enseignants du Mexique), contacts en Colombie et au Chili…
- l’Afrique subsaharienne, avec le SYNATEB du Burkina Faso,
- et le Proche-Orient (ONG, associations, centres culturels de Palestine, en particulier dans le cadre de la campagne BDS/Boycott-Désinvestissement-Sanctions contre l’État d’Israël, ou la campagne pour la levée du blocus de Gaza)...

5. En l’état actuel des choses, la fédération des syndicats SUD éducation affirme plus que jamais sa volonté de construire une solidarité internationale et un réseau syndical combatif à la mesure des attaques du capitalisme, qui elles-mêmes se décident au niveau international (FMI, OMC, Banque mondiale, BCE, Commission Européenne...). Il est à présent nécessaire de coordonner les luttes locales et les luttes internationales ; voilà un des objectifs que doit se donner un syndicalisme de lutte comme celui de la fédération des syndicats SUD éducation.
A l’échelle européenne, un travail avec le mouvement social en Grèce autour du refus de la Dette et de la lutte contre les plans d’austérité, en particulier dans le domaine de l’Éducation, doit être recherché.
Dans le cadre euro-maghrébin, SUD Éducation continuera à travailler à construire des liens avec des syndicats et des associations qui luttent pour la conquête des droits et les soutiendra dans l’organisation du Forum Social Mondial qui devrait se tenir en Tunisie au printemps 2012.

Pour cela, il est essentiel que les questions internationales soient débattues dans tous les syndicats et mises en commun régulièrement au CF, dans le but que les syndicats puissent s’investir davantage dans la lutte internationale et dans la Commission International de la Fédération.

Documents joints

Résolution International-VIcongrèsSUDéduc2012

Agenda

<<

2020

 

<<

Juin

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293012345