Rythmes scolaires

A Paris, Mairie et Rectorat s’entendent sur le dos des élèves et des personnels
 janvier 2002
mis à jour samedi 29 janvier 2005

Depuis un an, le serpent de mer des rythmes scolaires est revenu troubler les calmes eaux parisiennes.
Dès que le rectorat a proposé de rouvrir le dossier qui n’avait pas abouti sept ans plus tôt, le SNUIPP s’est engouffré en publiant une série d’hypothèses dont la plus pertinente -selon lui- inclurait un transfert des cours du samedi matin au mercredi dans les écoles maternelles et élémentaires.

L’arrivée à l’Hôtel de Ville du socialiste Delanoé et de sa majorité "gauche plurielle" a donné un coup d’accélérateur : la nouvelle municipalité a repris avec enthousiasme cette hypothèse qui lui semblait de nature à satisfaire l’aspiration profonde -libération complète du week-end- de l’électorat constitué par les classes moyennes !

Comme il s’agissait d’habiller ce projet susceptible de heurter nombre d’enseignants, de personnels municipaux mais aussi de parents, le rectorat et la mairie ont fait mine de lancer une vaste consultation, de mettre à contribution les experts scientifiques et autres chronobiologistes (en se gardant bien de tenir compte de leur avis !) et même de réunir des "États Généraux des rythmes scolaires" ... pour annoncer finalement, fin décembre, un projet qui se résume à peu près à la formule initiale du transfert du samedi au mercredi.

Quel projet ?

- classe le mercredi (de 8 h 30 à 12 h) au lieu du samedi (8 h 30-11 h 30)
- classe les lundi, jeudi et vendredi de 8 h 30 à 16 h, avec interruption-déjeuner (1 h 45 mn) et deux récréations (1 matin et 1 après-midi)
- classe le mardi de 8 h 30 à 15 h 30 , avec déjeuner (1 h 45) et une seule récréation (matin)
- heure de concertation pour les enseignants : mardi de 15 h 30 à 16 h 30
- activités périscolaires pour les élèves : temps du midi, soir après 16 h (15 h 30 le mardi), mercredi après-midi, samedi matin (sans plus de précision)
- dix jours de vacances à la Toussaint (ce qui correspond à l’annonce nationale de J.Lang) et le vendredi de l’Ascension

Quelle réaction ?

Alors que le SNUIPP a porté une lourde responsabilité, d’autres syndicats (FO, CNT et même SE) rejettent aussi le projet auquel les enseignants sont massivement hostiles.
Pour SUD Éducation, qui n’a jamais été dupe des intentions de l’administration et de la mairie et de leur consultation truquée, il est indispensable de s’opposer à un projet qui, non seulement ne répond en rien aux revendications de réduction du temps de travail, d’amélioration des rythmes scolaires et des conditions de scolarité, mais aussi porte en lui les germes de sacrés dangers pour l’école primaire (dans ses rapports à la municipalité et aux marchands divers), pour les personnels (flexibilité du temps de travail, statut, temps de concertation), pour les relations entre les enseignants et les parents, pour les animateurs municipaux (avec un service sur 6 jours !) et, bien sûr, pour les élèves qui feraient les frais de cette dégradation.
A ce projet dévastateur SUD éducation Paris oppose des revendications cohérentes :

Pour la réduction du temps de travail et l’amélioration des rythmes scolaires !
Pour de meilleures conditions de travail et la réussite de tous les élèves

- 5 h de classe les lundi, mardi, jeudi, vendredi
- 1 samedi sur 2 libéré au titre de la concertation des enseignants

Donc, pour les enseignants, 23 h de service hebdomadaire : 21 h 30 avec les élèves + 1 h 30 de concertation (3 h libérées par quinzaine).

SUD Éducation revendique cette réduction immédiate du temps de travail des instits et profs des écoles, première étape vers l’unification des statuts de tous les enseignants

- l’alternance 7 semaines d’école/2 semaines de vacances dans le calendrier annuel (de septembre à juin)
- la création de postes d’enseignants et de personnels municipaux titulaires et formés, la titularisation sans condition de tous les précaires
- des effectifs réduits dans les classes, des enseignants supplémentaires, un dispositif AIS avec les enseignants spécialisés nécessaires, le remplacement de tous les congés
- des locaux rénovés, adaptés, sécurisés et équipés
- des moyens budgétaires et matériels de fonctionnement conséquents
- des services et activités périscolaires de qualité et gratuits

SUD éducation a appelé les enseignants des écoles parisiennes à se mobiliser pour refuser le projet ville-rectorat et faire aboutir ces revendications : grève le 27 novembre, AG locales, motions de conseils des maîtres...

SUD éducation appelle les écoles à s’organiser pour empêcher la mise en place du projet. Et la grève est manifestement à l’ordre du jour !

Elle a démarré fort le 18 janvier. Dans les jours précédents, des AG se sont tenues dans les écoles et les arrondissements de Paris. Ces AG se sont positionnées pour la grève reconductible, à laquelle SUD Éducation a appelé, suivi par le SNUDI-FO et SE-UNSA (le SNUIPP-FSU étant toujours aux abonnés absents).

Largement suivie par plus de 60% des enseignants des écoles parisiennes le 18 janvier, la grève a été reconduite par une AG massive de 600 enseignants qui exige comme préalable à toute discussion sur l’aménagement du temps scolaire le retrait immédiat et définitif du projet actuel.

La balle est maintenant dans le camp de la Mairie de Paris et des responsables de l’Éducation nationale.

SUD Éducation, avec la grande majorité des personnels, entend gagner !

SUD éducation Paris

Navigation

Mots-clés de l'article