Sarkozy sur les violences scolaires : faits divers chocs et recettes trash...

vendredi 7 mai 2010
mis à jour dimanche 9 mai 2010

Le discours sur les violences scolaires de N. Sarkozy illustre la tactique habituelle du président : exploiter de manière populiste des faits divers dramatiques pour justifier une politique réactionnaire.

Un soi-disant bon sens... loin de la réalité !

N. Sarkozy apporte, en apparence, des réponses de « bon sens » : « s’il y a violence, on met un flic ; s’il y a transgression, il doit y avoir sanction ; s’il y a bêtise, il doit y avoir réparation »...

Sauf qu’il est inconcevable de mettre un flic dans chaque école (ni dans chaque classe) ! Sauf qu’ainsi, on ne traite pas les causes mais seulement les conséquences ! Surtout, on oublie de dire que les principaux déterminants de la violence scolaire sont sociaux, et que les difficultés à l’endiguer sont dues à la casse de l’école en terme de personnels, à celle des services sociaux, etc. On oublie également de prendre en compte que l’immense majorité des violences scolaires doit recevoir une réponse éducative.

À ce sujet, signalons les mensonges du président qui nie la réalité des causes sociales de la violence et son lien avec le manque de personnels (tout en prônant de recruter des « flics », ce qui est contradictoire). Il y a une inflexion inquiétante : en novembre 2007, ces causes sociales étaient écartées pour ne pas risquer « d’excuser l’inexcusable en expliquant l’inexplicable ». Aujourd’hui elles sont tout bonnement niées !

Derrière le soi-disant bon sens, que trouve-t-on finalement ? Un discours de plus en plus réactionnaire, sécuritaire et une rhétorique simpliste, du fait divers, complètement binaire. Faut-il y voir une reconquête idéologique de la droite de l’UMP, après la débâcle des régionales ?

Le mépris de la profession et la poursuite d’une politique de privatisation

On ne peut que s’indigner de l ’autisme du gouvernement devant les revendications des personnels concernés, et l’insulte faite à leurs compétences. Depuis des mois, les personnels qui se mobilisent pour des questions de violence dans leurs établissements demandent non pas plus de flics, mais des personnels de vie scolaire plus nombreux et plus stables. Sarkozy, après Châtel, les ignore. Il est vrai que sa politique réelle est de supprimer des dizaines de milliers de postes.

Démagogiquement, il propose que la formation des enseignants inclue des modules sur la discipline et la gestion de la violence alors que son gouvernement fait tout pour casser la formation professionnelle des enseignants !

Enfin, l’annonce fracassante du recrutement direct de profs par les chefs d’établissements ne nous étonne guère, même si elle reste choquante : si elle est dans le droit fil de la privatisation de l’école — entreprise depuis des années et de la précarisation accrue, elle signifie également un recrutement arbitraire, synonyme de caporalisation des personnels.

Des annonces concrètes entre sécuritaire et spectaculaire

En termes de prévention : rien. Sarkozy fait semblant de reconnaître qu’il faut équilibrer répression et prévention, mais, en réalité, ce dernier volet est ignoré. Quelles sont les réponses apportées ?

N. Sarkozy évoque d’abord la nécessité de faire des diagnostics de sécurité, mais les solutions proposées ne sont que de la surveillance, du sécuritaire, de la répression. Il n’évoque même pas la possibilité que ces diagnostics puissent aboutir à une demande légitime de recrutement de personnels éducatifs !

On ressort aussi le dispositif déjà existant du plan de prévention de la délinquance de l’ancien ministre de l’intérieur N. Sarkozy. Ce dispositif est un renforcement du contrôle social des classes « dangereuses » (comprendre : « populaires et en particulier issues de l’immigration ») par la collaboration entre école, municipalité, police, service sociaux et parquet. Mis en place en 2006, il est inefficace et reste encore aujourd’hui scandaleux par ses moyens (remise en cause du secret professionnel et de la séparation entre les pouvoirs) et par son but (suppression des allocations pour les familles d’enfants absentéistes) et il ne peut que « rajouter la misère à la misère » (NB : c’est Luc Ferry, ex ministre de l’EN dans un gouvernement de droite qui le dit !). Il conduit à un fichage des enfants dès le plus jeune âge. Il vise à faire porter la responsabilité des échecs de la société sur les individus qui en sont les victimes !

Ensuite, c’est flicage à tous les étages : mise en place de flics dans les écoles, « d’équipes mobiles de sécurité », formation à la discipline pour les profs, recrutement de profs « à profil » de flics. Là encore, toujours la même logique dans la politique « éducative » de Sarkozy : on supprime des postes de personnels enseignants et vie scolaire, on dégrade l’école, et quand cela ne va plus on a recours à des précaires et à des flics.

Enfin, N. Sarkozy nous ressort toujours la fausse bonne idée des maisons de correction pour les enfants les plus durs, mélange entre école et prison, où l’on va recadrer les « voyous » par le travail, le sport en plein air, et le dressage patronal. Là encore, on voit qu’il ne s’agit nullement de traiter les causes du problème mais seulement certains de ses effets les plus spectaculaires.

Finalement, les projets de N. Sarkozy représentent juste un équilibre...
entre répression, flicage, fichage et enfermement !

Pour la Fédération Sud éducation, la réponse doit être toute autre : un véritable renforcement de l’éducatif, ce qui implique plus de moyens en personnels.

Oui, il faut « stabiliser les équipes éducatives », comme dit N. Sarkozy... Mais pour cela il faut faire exactement le contraire de la politique menée actuellement qui renforce la précarité et l’instabilité des équipes enseignantes et vie scolaire !

La violence scolaire renvoie à toute une violence sociale et économique. Cela nécessite une toute autre politique que celle du démantèlement des services publics. Une toute autre politique que celle de N. Sarkozy.

Aucun flic dans les écoles !

Création massive de postes statutaires !

Retrait du fichier « base élèves » et des dispositions « prévention de la délinquance » !

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communiqué discours sarkozy violence scolaire

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