Sauvons la Recherche ... des intérêts privés !

Communiqué de presse
dimanche 24 juillet 2005
mis à jour mardi 28 février 2006

Le MENESER annonce au dernier moment que "les ministres ne sont pas en mesure de recevoir les organisations
syndicales et SLR le 21 juillet, ni même de donner une nouvelle date". L’agenda du ministre de Robien précise qu’il
visitera l’Agence Nationale de la Recherche ce 21 juillet dès 9h ! Si ce n’est une provocation envers la communauté de la Recherche Publique, c’est en tout cas un signe fort pour ces professionnels des messages subliminaux. Le gouvernement a clairement choisi son camp : celui de la mise à bas de la Recherche Publique et de l’Enseignement Supérieur publics au
profit d’intérêts privés. Tout pour la recherche privée (lire "pour les intérêts de quelques particuliers") et l’"innovation" (celle qui intéresse les mêmes), des exonérations fiscales pour le Patronat (fondations, fonds de pension, ...), tandis que pour la Recherche Publique c’est : dirigisme étatique/politique contre l’indépendance des chercheurs (esprits critiques muselés), précarisation des métiers de la Recherche (des CDD pour nos "jeunes" chercheurs de plus de 30 ans : seule réponse à la
"fuite des cerveaux" !) - les contrats précaires devenant la norme sociale - application de la loi évaluation-notation "carotte et bâton" votée sous Jospin, etc..., voilà leurs vieilles recettes libérales mises en oeuvre. Mais « qui en doutait » ?

C’est pourquoi nous avons refusé de participer aux "négociations ministérielles" qui sont en cours en ce mois, auxquelles participent une intersyndicale et « Sauvons La Recherche » car, pour SUD Education, le préalable à toute négociation est :

1/ un plan d’intégration des précaires

Les activités de recherche dans les universités et les EPST doivent être assurées, conformément à la loi, par des
personnels titulaires, seuls en capacité de construire sur le long terme et de transmettre leurs acquis. Aussi sommes-nous pour l’élimination de tous les contrats à durée déterminée qui se substituent aux emplois statutaires de fonctionnaires. En d’autres mots, nous demandons que la loi d’orientation de 1982 soit appliquée (l’absence de décret a favorisé la création de CDD de chercheurs,...) et revendiquons en parallèle l’intégration sans conditions de concours et de nationalité de tous les précaires ; que les départs à la retraite, qui vont s’intensifier dans les prochaines années, soient effectivement et intégralement remplacés (par de nouveaux titulaires donc, et non par des CDD « post-docs » sous contrat de 10 à 18 mois ou CDD de 3 à 5 ans) ;


2/ L’annulation du GIP ANR et l’arrêt de la mise en place des PRES

La recherche publique doit être financée par des fonds publics, sous forme de soutien de base aux laboratoires : pour garantir l’indépendance de la recherche et de l’expertise publiques, il est essentiel que le financement des laboratoires publics ne soit pas dépendant de fonds privés. De même, les pépinières d’entreprise et autres « incubateurs » n’ont rien à faire sur les campus : ces activités relèvent du champ marchand.

Les appels d’offre émanant du ministère de la recherche (ANR aujourd’hui), qui mettent en concurrence les laboratoires
dans des conditions pour le moins opaques, sont générateurs de pratiques de lobbying malsaines et de gaspillages de temps pour les équipes. Aussi, nous exigeons la dissolution du GIP ANR et l’annulation des proclamés « pôles d’excellence » PRES plaçant certaines universités en opérateurs de la recherche et agences de moyens.

3/ l’abrogation de la procédure évaluation- notation

Les personnels ne doivent pas être mis en situation de concurrence (primes, appels d’offre, etc.) et de dépendance
hiérarchique renforcée (réformes prévues au CNRS et dans les universités). Aussi, nous demandons l’abrogation de la loi
Évaluation/Notation.

La fédération des syndicats SUD Education appelle les personnels de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur et leurs représentants au boycott de toute négociation ou "dialogue social" avec les représentants du gouvernement tant que ces trois revendications largement partagées ne seront pas appliquées.

Ce gouvernement nous balade, ne soyons plus dupes !

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