Se mobiliser et militer pour défendre nos retraites

samedi 5 juin 2010

Après des mois de promotion de fausses évidences, le gouvernement a clairement annoncé la couleur quant à ses objectifs en publiant le 16 mai son Document d’orientation sur la réforme des retraites. Par ce texte, Sarkozy s’inscrit explicitement dans la lignée des contre-réformes antérieures de 1993, 2003 et 2007-2008, alors même que celles-ci ont entraîné en moyenne une baisse de 20% du niveau des pensions.

Du récent rapport du Conseil d’Orientation des Retraites et de ses différentes hypothèses, le gouvernement retient comme seules solutions : s’attaquer à l’âge légal de départ à la retraite et augmenter encore la durée de cotisation, c’est ce qu’il appelle « augmenter le temps d’activité » ; il sait que cela entraînera une nouvelle baisse du niveau des pensions et reconnaît que ces solutions auront des conséquences sociales dommageables.

Le gouvernement sait aussi qu’une augmentation des cotisations patronales de 0,26% par an pendant 40 ans suffirait à régler la question du financement. Qui peut penser sérieusement que cela mettrait en péril l’économie française ?

Face à la crise actuelle, le gouvernement a fait son choix. La sortie de crise doit être payée par les salariés, pas par les rentiers et les actionnaires. Après les privatisations et les dizaines de milliers de suppressions d’emplois publics, après et pendant la gestion de la crise par le chômage, le gouvernement, son allié le MEDEF et tous les tenants « médiatiques » de la « nécessité de la réforme » ont décidé de la récession sociale programmée. Et c’est au tour des retraites, dans une période où le gouvernement compte sur une combativité sociale amoindrie par les effets de la crise (chômage, précarité, augmentation des prix), sur les éventuelles divisions du syndicalisme et peut être aussi un peu sur l’anesthésiant de masse : la coupe du monde de football…

L’enjeu : la paupérisation de nombreux retraités dans les prochaines années et l’incertitude totale quant au droit à la retraite pour les jeunes actuellement salariés.

La partie n’est peut être pas jouée

Sur un dossier où elles n’ont pas les mêmes approches revendicatives et stratégiques, la CGT, la CFDT, l’UNSA, Solidaires et la FSU ont lancé le 6 mai un appel national interprofessionnel qui s’est traduit par autant d’appels unitaires à la grève dans les départements le 27 mai. C’est un point important pour accélérer la mobilisation. Avec l’Union Syndicale Solidaires, nous continuons cependant de penser et de dire dans les réunions intersyndicales locales et nationales que l’intersyndicale doit mettre en débat un plan d’actions qui ne peut être la répétition de « temps forts » espacés de deux mois. Pour faire reculer ce gouvernement nous pensons qu’il faudra la grève générale. En construire les conditions doit être la tâche du syndicalisme et des syndicalistes.

En un mois, le texte « Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites » lancé par ATTAC et la Fondation Copernic a rassemblé plus de 50 000 signatures. Sur la base de ce texte qui dénonce la casse des retraites organisée depuis 1993, des collectifs départementaux ou même locaux se sont mis en place dans de nombreux départements depuis deux mois (Bouches du Rhône, Calvados, Loire, Loire Atlantique, Manche, Puy de Dôme, Région Parisienne...). Ces collectifs unitaires sont composés d’ATTAC, des partis politiques de gauche, d’associations de chômeurs, de sections LDH, d’associations locales, de syndicats et de citoyens qui veulent prendre leur place dans le travail de mobilisation. Les sections locales de Solidaires ont choisi de participer à ces Collectifs qui travaillent à populariser les analyses critiques et les propositions alternatives en matière de retraites (meetings, rassemblements, diffusions de tracts, stands d’information, etc). C’est aussi le choix de nombreux syndicats Sud éducation, mais pas celui de la CGT, de la CFDT ni de l’UNSA dans tous les départements… ce qui est certainement dommage. Ces collectifs peuvent largement contribuer à l’effort d’information nécessaire pour faire reculer la résignation devant la « nécessité de la réforme », aider à transformer la colère en actions collectives, combattre le mensonge organisé par le gouvernement, les patrons, et les bien pensants médiatiques [1].

Cette dimension de la mobilisation complète le travail syndical d’information et de mobilisation sur les lieux de travail. Elle est aussi en cohérence avec notre investissement dans les intersyndicales locales et nationales pour construire la force du nombre face à la régression sociale.

Malgré la grève et les manifestations du 27 mai, le gouvernement a réaffirmé le soir même qu’il maintiendrait le cap en martelant de nouveau la soi-disant nécessité absolue d’allonger le temps de travail. Le mois de juin est déterminant pour la construction du rapport de force. Français, Grecs, Espagnols ou Portugais, ce n’est pas à nous de payer leur crise ! Mettons l’été à profit pour convaincre et informer : d’autres solutions sont possibles et nous devrons les imposer par la mobilisation.

Il y a donc du travail pour tout le monde.

Sud éducation Puy-de-Dôme


[1Sur le site de l’Union syndicale SOLIDAIRES, on trouve des informations précises sur les retraites, des argumentaires, des vidéos, des affiches.

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