Service public / fonction publique

 juin 1998
mis à jour samedi 12 novembre 2005

1/ Le mouvement actuel de restructuration et de privatisation des services publics met souvent en cause très sévèrement des possibilités et des droits acquis par l’ensemble des travailleurs en matière de santé, de scolarisation, de services de base (eau, électricité, transports, ex - PTT, etc.)

2/ Ce mouvement conduit aussi à des attaques très rudes contre la majorité des salariés des services publics en matière de stabilité de l’emploi, de salaires, de conditions de travail, etc. Au cours de leurs développements historiques, les travailleurs se sont battus pour la reconnaissance des droits fondamentaux de la personne et la garantie de leur exercice : droit à la santé, à la protection sociale, droit à l’éducation...

3/ Cependant, pouvons-nous nous contenter de "défendre le service public" en oubliant sa fonction et sa place dans la société ? Rappelons que l’État recouvre trois domaines distincts :
- en premier lieu, l’appareil d’État proprement dit. C’est l’armée, la police, la justice, les prisons, etc. : la machine répressive d’État.
- l’État a par ailleurs assumé, au fur et à mesure que se développait le capitalisme, toute une série de fonctions directement économiques (industrielles, financières, etc.) allant de la SNCF, de l’EDF ou des télécommunications jusqu’au "Trésor public", à la "Caisse des dépôts et consignations", en passant par les entreprises et banques nationalisées.
- enfin, il a pris en charge des fonctions directement de " service public ". C’est-‡-dire des fonctions liées à la reproduction de la force de travail dans une économie qui avait besoin d’une main-d’oeuvre opérationnelle : c’est le secteur de l’éducation / formation et celui de la santé et de la protection sociale.

4 / Ensemble, avec le Groupe des 10, avec les autres syndicats, avec les associations, nous luttons contre la soumission des services aux impératifs de profit, pour la défense et l’extension des services publics, afin qu’ils soient effectivement mis au service des travailleurs et de la majorité de la population, et non des patrons et des financiers.

5/ En ce qui concerne l’Éducation Nationale, nous ne pensons donc pas que l’école, en soi, serait libératrice ou porteuse d’un progrès qui échapperait aux réalités économiques et sociales de la société qui la façonne

6/ Dans une telle société, l’extension du rôle de l’État peut-elle être le moyen d’améliorer la vie des travailleurs sans que les fondements économiques de cette société soient remis en cause ? Capitalisme privé ou capitalisme d’ état, c’est toujours le capitalisme.

7/ Cependant, Maastricht, Amsterdam, Luxembourg..., avec leurs critères de convergence, traduisent la nécessité pour la bourgeoisie de passer à l’offensive. Ces traités exigent que ne coexistent pas en Europe des systèmes protégés par des statuts, comme en France, et des systèmes, comme le système britannique, où ces statuts ont été, de longue date, disloqués. SUD Éducation n’entend pas réduire sa problématique à une approche franco-française et souhaite développer les solidarités nécessaires avec les organisations syndicales des autres pays.

8/ Comment peut-on aujourd’hui défendre les services publics ? Nous devons y défendre tous les acquis véritables, ceux qui ont un caractère collectif et égalitaire et préservent les intérêts et conditions de vie des travailleurs, de leurs famille, des précaires, des immigrés où qu’ils soient sur le territoire, et non ceux liés à l’accumulation du capital. Nous devons exiger la création de nouveaux services publics, création qui s’impose pour tenir compte de l’évolution de la société et des nouveaux besoins sociaux et collectifs (petite enfance, grand âge et dépendance...) ; La distribution de l’eau ne doit pas être un générateur de plus-value, nous revendiquons son intégration au service public.

9/ Comment peut-on aujourd’hui défendre le statut de fonctionnaire ?
Ce statut sert souvent aujourd’hui d’alibi à des revendications corporatistes (par exemple quand il sert de prétexte au refus de la titularisation des MA sans concours), ou franchement réactionnaires (quand il entérine l’accès inégal au travail des étrangers qui ne peuvent être titulaires dans la Fonction Publique). Cependant, il exprime aussi le droit de tous au travail, à un emploi stable et protégé par des lois et un statut. C’est en ce sens qu’il doit être étendu à tous et défendu, dans l’Éducation Nationale, en l’ouvrant à tous les étrangers, en faisant un véritable outil de lutte contre le chômage, la précarité et pour les droits du travail. Au service public doit correspondre un statut de la Fonction Publique (Fonction Publique d’État, Territoriale, Hospitalière).

10/ Le droit à l’éducation, l’accès aux savoirs, constituent un enjeu politique majeur qui doit être posé et débattu comme tel, donc syndicalement, dans un cadre interprofessionnel réunissant travailleurs, précaires, chômeurs du public et du privé.

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