Solidarité universitaire avec les étudiants sans-papiers

mardi 6 mars 2007
mis à jour samedi 28 avril 2007

Au mois de novembre 2006, la préfecture de Clermont-Ferrand remettait une Invitation à Quitter le Territoire à 26 étudiants étrangers venus faire renouveler leur carte d’étudiant, alors qu’ils avaient payé les frais d’inscription. Pour chacun d’eux, la préfecture invoquait le manque de sérieux et d’assiduité dans leurs études.

Avec le Réseau Universités Sans Frontières (RUSF 63), les enseignants, les personnels de l’Université, les étudiants et les militants de RESF 63, ont rapidement organisé une mobilisation à la fac (lettres de soutien, certificats d’assiduité, lettres de protestation, entrevues à la préfecture, manifestations, pétitions, parrainages républicains...) afin que tous puissent continuer leurs études. Pour obtenir l’annulation de ces mesures discriminatoires, les enseignants de l’Université ont rédigé des motions qui ont été votées au Conseil Municipal de Clermont-Ferrand, à l’Université et au Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.
La mobilisation paye puisque 12 des 17 étudiants ayant déposé un recours gracieux à la préfecture ont, à ce jour, reçu une réponse favorable.

La lutte n’est pas finie pour autant, car c’est la régularisation de tous les étudiants menacés d’expulsion qu’il faut obtenir.

Sud éducation Puy-de-Dôme

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Motion adoptée au CNESER par 26 votes favorables et 2 abstentions

Le Conseil National de l’Eenseignement Supérieur et de la Recherche, réuni le 18 décembre 2006,
- récuse l’ingérence de services dépendant du Ministère de l’Intérieur dans l’appréciation du cursus des étudiants, quels qu’ils soient. Seules les équipes pédagogiques et les autorités universitaires, non consultées dans le cas de ces étudiants, sont à même d’évaluer la progression réelle des étudiants ou la pertinence des orientations et réorientations choisies.
- souligne le caractère discriminatoire des critères utilisés, qui aboutissent à pénaliser gravement des étudiants étrangers dont le parcours universitaire n’est pas différent de certains étudiants français.
- dénonce la brutalité d’une mesure qui frappe des étudiants en cours d’année universitaire, sans leur laisser le temps d’achever l’année entreprise.

Le CNESER rappelle son attachement au développement des échanges universitaires et demande que la volonté affirmée par le gouvernement d’un accroissement de l’attractivité internationale des universités françaises se traduise par une augmentation des moyens permettant l’accueil d’un nombre plus important de jeunes étrangers, et non par des sanctions à l’encontre de ceux qui rencontrent des difficultés.

Le CNESER estime que les mesures telles que celles prises à l’encontre de ces étudiants portent gravement atteinte à l’image du système universitaire français à l’étranger. Il invite de manière pressante le Ministre de l’Éducation nationale à intervenir en urgence pour obtenir l’abandon des procédures engagées par la Préfecture de la Région Auvergne contre ces étudiants et, plus largement, le respect des compétences pédagogiques des équipes enseignantes.

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