Soutien solidaire à la marche des sans-papiers

mardi 8 juin 2004
mis à jour jeudi 13 janvier 2005

Depuis le 31 mai 2004, 85 sans-papiers marchent, de Bruxelles -siège du Parlement européen- à Paris pour signifier la dimension européenne de leur lutte.
Ils marchent pour dénoncer les pouvoirs -tous les pouvoirs - d’une société qui feint de les ignorer, mais les exploitent, et les enferment dans une silence indigne.

Alors ils marchent, encore, ce n’est pas la première fois, pour rappeler qu’ils existent. Ils disent « nous ne sommes pas des fantômes », ils disent aussi « nous ne sommes pas dangereux, nous sommes en danger ».

Ces 85-là marchent pour la dignité et les droits, symboles des quelques centaines de milliers d’hommes et de femmes qui ont fui misère et persécutions et tentent de vivre parmi nous.

Ce problème majeur ne peut plus être ignoré.

L’Europe se construit donc, harmonise : les lois nouvelles sur la maîtrise de l’immigration et le séjour des étrangers vont toutes dans un même sens très répressif, contiennent de graves reculs en termes de droit, contribuent à précariser davantage la situation des émigrés y vivant et s’inscrivent dans un mouvement général vers une Europe-forteresse.
C’est plus que jamais « l’ère du soupçon institutionnalisé » : suspicion systématique, obsession de la lutte contre la clandestinité, de la fraude, répression accrue contre les sans-papiers et demandeurs d’asile, criminalisation des soutiens -individus et associations, « les délinquants de la solidarité »- coupables d’avoir aidé des étrangers en situation irrégulière.

En stigmatisant les immigrés, les pouvoirs démagogues fabriquent des résidents illégaux exclus de tout ce qui fonde la citoyenneté, suscitent les peurs, les amalgames - immigration = invasion = insécurité- et justifient une politique ultra-sécuritaire dont les sans -papiers sont les proies faciles. Il s’agit là de la négation du droit des migrants, de la négation des valeurs d’un État de droit.
C’est une politique irresponsable qui, qui alimente la xénophobie, le racisme et le terreau des intégrismes.

Ainsi, il y a, partout en France, dans les pays de l’Union européenne, des Sans-Papiers. Quelques centaines de milliers. Des hommes et des femmes qui vivent dans la clandestinité, la crainte quotidienne d’être arrêtés et expulsés, la précarité, l’exploitation par des employeurs et des logeurs sans scrupules, le non-droit. Et leurs enfants qui grandissent très tôt avec un sentiment d’exclusion, de peur permanente, de défiance, qui n’est pas sans conséquences sur leur santé, leur éducation, leur socialisation et, d’une façon générale, sur leur construction. Voilà une véritable insécurité qui touche les plus précaires des précaires : les sans-papiers, véritables esclaves modernes, et leurs enfants.

Depuis 1996, nous sommes aux côtés des sans-papiers.

Parce que nous défendons les libertés, les droits essentiels de tous, nous sommes solidaires, aux côtés de ceux qui en sont privés, donc aux côtés des sans-papiers. Nous refusons de réduire les étrangers à leur fonction économique et exigeons pour eux, avec eux, le respect des droits conquis par le mouvement ouvrier. Les sans-papiers sont au coeur du mouvement social. Ils le prouvent d’ailleurs par leur présence dans les luttes sociales.

C’est pourquoi SUD Education est signataire de « l’appel européen à la régularisation de tous les sans-papiers » lancé en 2002.

Au-delà de la solidarité, le monde du travail est directement concerné : en effet, le jeu de la concurrence sur le marché de l’emploi entraîne plus ou moins l’alignement des travailleurs sur les condition de travail et de rémunération des plus vulnérables ; il s’ensuit un alignement par le bas : d’abord les sans-papiers, puis les étrangers régularisés précaires, l’ensemble des étrangers, enfin les Français eux-mêmes. Par contamination, tous les travailleurs sont touchés.

Le travail non déclaré est tout bénéfice pour les employeurs qui ne paient pas de cotisations sociales. La régularisation participerait au rééquilibrage du budget de la sécurité sociale.

Les conditions d’emploi imposées aux sans-papiers sont celles dont rêvent les patronats de tous les pays : la situation irrégulière est une véritable école de la flexibilité et de l’exploitation, prête à se répandre dans l’ensemble du corps social et entraîne une dérèglementation sans frontière qui caractérise la mondialisation libérale contre laquelle le mouvement social se mobilise.

Nous sommes conscients de la nécessité d’unifier la lutte des sans-papiers au-delà des frontières, d’aller vers une convergence au niveau européen, pour imposer avec la force de l’union de tous, sans-papiers et citoyens :
- une autre politique européenne de l’immigration opposée à celle d’une Europe-forteresse ;
- le principe - fondamental - de la liberté de circulation et de la liberté d’installation des personnes ;
- et la régularisation de tous les sans-papiers.

SUD Education appelle toutes et tous à accueillir cette première marche européenne des sans-papiers en participant massivement à la

MANIFESTATION qui suivra son arrivée à Paris

Samedi 12 juin 2004

Pique-nique avec les marcheurs place de la République
(on amène son repas)

Manifestation à 14 h de la République à la Nation

Saint-Denis, le 8 juin 2004

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