Sud et la représentativité…

déjà une histoire
vendredi 27 mai 2011

Créés à partir de janvier 1996, les syndicats Sud éducation ont vite été contestés par l’administration. On nous demandait de faire l’état de notre représentativité avant même l’élection par laquelle nous voulions l’établir, comme cela devrait être la règle en matière de représentativité syndicale.

De novembre — décembre 1995…

La loi Perben votée à la hâte un soir de fin décembre 1995 entendait limiter les effets du développement de Sud, visible durant les luttes de l’automne et les grèves de décembre, comme était visible la fracture croissante de la CFDT durant ce conflit des retraites et de la sécurité sociale. Durant les quelques années qui ont suivi, les syndicats Sud qui se sont multipliés ont dû monter des centaines de « dossiers en représentativité » pour des centaines d’élections. La loi Perben obligeait à faire état de sa trésorerie, de listings d’adhérents, de publications pour les personnels concernés par l’élection, de comptes rendus de réunions, de rapports d’activité, de « preuves » devant la justice administrative. Elle permettait à un syndicat dit représentatif de contester la représentativité d’un autre (souvent Sud). À la SNCF, la CFDT ne se privait pas contre Sud Rail. Dans l’Éducation nationale, seul le SNETAA usa de cette arme contre Sud éducation et perdit en Tribunal Administratif.

Le statut irréfragable des 5 Confédérations CGT, CFDT, FO, CGC, CFTC issu d’une loi de 1965 était réaffirmé de fait. Elles seules peuvent créer des sections syndicales et obtenir des droits syndicaux dans l’entreprise selon une législation facilitante. Il en va de même dans la fonction publique. Perben venait ajouter quelques difficultés qui visaient à freiner le développement de Sud. La FSU, déjà plus importante, fut moins touchée par cette loi Perben mais dut aussi dans certains secteurs faire état de sa représentativité. Sud Rail comptait les procès en représentativité en centaines. Et les gagnait.

Le syndicalisme réel de l’après 95 ne pouvait plus se résumer aux 5 confédérations. CGC et CFTC étaient invisibles dans les périodes de mobilisation. La direction de la CFDT était totalement discréditée par les grèves de 1995. La CGT était renforcée, la FSU prenait la première place à la FEN dans l’Éducation nationale quand celle-ci opérait sa transformation interprofessionnelle en UNSA. FO stagnait. Et Sud se développait.

… à octobre 2011

La nouvelle loi qui prétend aujourd’hui prendre en compte les évolutions de la représentativité va permettre à davantage de syndicats d’accéder aux élections mais elle va tenter de casser ceux qui ne passeront pas la barre de la représentativité soit en n’obtenant aucun droit syndical, soit en les perdant tous.

Aujourd’hui nous sommes plus de 100 000 au sein des syndicats de l’Union Solidaires et le gouvernement a dû reconnaître notre représentativité et celle de nos syndicats dans la fonction publique d’État et hospitalière. Cela ouvre un certain nombre de droits (du temps en fait). Mais rien n’a été donné, tout a été arraché par le travail syndical, le travail militant.

Durant l’automne 2010 les syndicats Sud ont pratiquement seuls porté les revendications vers la grève générale pour garder nos retraites. Sud a montré qu’il pouvait exister aussi dans les mobilisations du secteur privé.

Notre représentativité, elle est d’abord là. Et dans les mobilisations syndicales, citoyennes et sociales, personne ne conteste cette représentativité.

Aujourd’hui le Medef et Sarkozy modifient les règles. Nous n’entendons pas laisser casser l’outil syndical. Nous voulons continuer à développer ce syndicalisme militant au service des luttes. Il faut que nous passions l’écueil de l’obtention d’un élu au Comité Technique Ministériel. Nous savons que cette loi n’est pas faite pour nous aider. Nous savons que cette volonté de normalisation syndicale nous vise. Notre situation est rendue difficile par un développement très différent selon les académies. Au regard des derniers scores électoraux de 2008, cela est possible. Nous devons construire cette étape importante pour le développement de Sud éducation.

Vous pouvez nous aider en acceptant de figurer sur nos listes électorales pour les CAPD, CAPA, que nous devrons clore en septembre, en faisant lire ce journal syndical autour de vous, en prenant contact avec Sud éducation, en vous syndiquant, en votant Sud…

Sud éducation
Puy-de-Dôme

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