Suite de la répression à Bègles

lundi 17 octobre 2005
mis à jour samedi 21 janvier 2006

Les 14 salariés incriminés par La Poste au centre de tri de Bègles ont été lourdement sanctionnés : les uns mutés d’office, les autres suspendus pour des périodes allant de 3 mois à 2 ans. Mais surtout le seul contractuel salarié de droit privé pris dans cette répression est purement et simplement licencié ! Il est le plus durement frappé, démonstration que la casse des statuts de la Fonction Publique nous met tous à la merci de l’arbitraire le plus absolu, pour lequel le syndicalisme est à éliminer... ou à domestiquer ! Ce sont les dizaines de milliers d’agents contractuels (représentant aujourd’hui 35% des 310000 agents de La Poste) qui sont ainsi visés par la Direction à travers ce licenciement, et dissuadés de défendre leurs intérêts par l’action syndicale.

Six autres militants étaient menacés de licenciement, ils y ont échappé mais ont écopé de suspensions de plus de 6 mois sans salaire. Le juge du Tribunal Administratif, saisi en référé, a estimé que les sanctions prononcées contre deux d’entre eux n’étaient pas justifiées : ils doivent être réintégrés. Pour deux autres, la décision a été renvoyée au fond, qui sera jugé ultérieurement par le TA. Pendant ce temps, la direction continue son offensive : le directeur de la DOTC a répandu dans la presse que les sanctions proposées par les conseils de discipline à Paris avaient été votées à la majorité... occultant le chantage classique mettant en balance la révocation contre l’approbation de sanctions inférieures par les représentants syndicaux. Cette majorité ainsi arrachée suffit au Directeur pour proclamer que ce serait « une reconnaissance explicite des faits » et que les sanctions prononcées seraient « à la hauteur des fautes commises ». Cet argument sera resservi au TA, comme on l’a vu dans l’affaire Veuillet où le juge a cité le vote majoritaire de la CAPA pour une sanction lorsqu’il a rejeté le recours au fond.

C’est donc toute la complexité des stratégies de défense syndicale qui est soulevée dans cette affaire, et mérite réflexion, non pour juger le choix des camarades concernés, mais pour renforcer le front syndical. C’est tous ensemble qu’il faut mesurer la force de nuisance du patronat, qui réussit ici à intimider et à diviser les forces militantes, tout en préparant le démantèlement puis la privatisation des services publics.

Il est impératif de rester mobilisés ; 9 des 14 militants réprimés sont mis en examen et seront jugés au pénal : ils risquent des années de prison ferme et plusieurs milliers d’euros d’amende.

Pétition en ligne :
http://www.sudptt.fr/Pdf/3947.pdf

Commission fédérale anti-répression syndicale

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