Supérieur : poursuivre la lutte

vendredi 15 mai 2009

Une lutte exemplaire

Le gouvernement est confronté à une contestation globale de tous ses projets touchant à l’enseignement supérieur et à la recherche de la part des personnels, syndiqués et non syndiqués, des associations professionnelles, et d’un certain nombre d’organisations syndicales. Le gouvernement a attaqué sur tous les fronts : enseignantEs-chercheurEs, bourses des étudiants, statut des doctorantEs, formation des enseignantEs, réforme des concours, suppressions de postes, primes au mérite modulables pour les BIATOSS, diminution des budgets, dislocation des organismes de recherche type CNRS, …
Ces réformes s’inscrivent dans une logique libérale de gestion concurrentielle et anti-égalitaire du système éducatif et de marchandisation du savoir, de la maternelle à l’université. Au delà de l’éducation, la même logique est à l’œuvre dans toutes les fonctions publiques : hôpital, justice…

La lutte qui s’est développée depuis six mois est exemplaire par son caractère intercatégoriel unissant dès l’origine enseignantEs-chercheurEs, enseignantEs, chercheurEs et BIATOSS, avec les étudiantEs ; par son désir de s’étendre aux autres niveaux du monde éducatif (primaire et secondaire) et de faire le lien avec les parents d’élèves ; par la reconnaissance des coordinations nationales par les organisations syndicales, bien que certains syndicats aient accepté de négocier avec le gouvernement au mépris des décisions desdites coordinations.

D’autre part, cette lutte est passée de revendications sectorielles à des revendications unifiantes, puis à une approche plus politique conduisant rapidement les coordinations à demander l’abrogation de la loi dite « relative aux libertés et responsabilités des Universités » (LRU) qui date pourtant de plus d’un an (10 août 2007).

Des manœuvres du pouvoir
Face à l’ampleur de ce mouvement, le gouvernement a feint d’abord de reculer (effets d’annonces, réécritures trompeuses, pseudo moratoires) pour diviser le front uni de contestation et a finalement opposé une fin de non recevoir aux revendications telles qu’elles sont exprimées par le mouvement, en jouant sur le chantage de l’invalidation des examens.

Les médias, à la botte du pouvoir, ont filtré et déformé l’information. Ils ont présenté le mouvement comme une contestation catégorielle émanant des seulEs enseignantEs-chercheurEs supposéEs ne revendiquer que la suppression du décret portant réforme de leur statut ; puis dans un deuxième temps, ils ont évoqué le refus d’une réforme des concours présentée comme facteur de progrès ; actuellement, ils se font le relais des menaces ministérielles concernant la validation des examens.

Nous devons mettre en place des stratégies pour résister à ce type de chantage hiérarchique et médiatique.

Le pouvoir et ses relais, en particulier un certain nombre de présidentEs d’université, ont également recouru à des mascarades pénales pour condamner des étudiantEs et personnels mobilisés, ainsi qu’à de violentes interventions policières pour tenter de mettre fin par la force à un mouvement actif et profond qu’ils veulent ignorer.

Nous dénonçons cette violence institutionnelle qui criminalise les mouvements revendicatifs dans chaque secteur de la société.

Nous nous battons pour :

-  Le rejet pur et simple de l’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) et des accords de Bologne dans le cadre desquels se déroule l’ensemble des réformes actuelles

-  l’abrogation de la LRU et ses conséquences : décret sur le statut des enseignantEs-chercheurEs, contrat doctoral unique, principes de dotation budgétaires (système SYMPA)…, du pacte pour la recherche, et l’ouverture de négociations pour une autre loi

-  l’abrogation de la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF) et de la loi de Révision générale des politiques publiques (RGPP)

-  le retrait de la réforme dite de « mastérisation des concours d’enseignement ». Cette réforme signifie pour les étudiantEs futurEs enseignantEs un allongement coûteux des études (facteur de sélection sociale et de discrimination), la disparition de la formation rémunérée, et la perte du statut de fonctionnaire d’État pour les futurEs enseignantEs des premier et second degrés. Nous nous prononçons pour un recrutement national au niveau d’études actuel, avec la reconnaissance au niveau master des deux années de préparation et de stage

-  l’abrogation du décret sur l’annualisation du temps de travail des personnels BIATOSS, de même que nous refusons l’annualisation du temps de travail des personnels TOS décentralisés dans les collèges et les lycées ; la suppression de l’Aménagement de la réduction du temps de travail (ARTT)

-  l’arrêt du démantèlement des organismes publics de recherche, dont le rôle d’opérateur de recherche doit être fermement défendu

-  le rétablissement des postes supprimés en 2009 et la mise en place d’un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires concernant l’ensemble de la communauté universitaire, ainsi que la résorption de la précarité

-  l’augmentation générale des salaires des personnels non enseignants, la fin des primes au mérite et leur intégration dans le salaire

-  le refus de l’évaluation individualisée de tous les personnels

-  l’instauration d’un salaire minimum étudiant, l’arrêt du démantèlement du CROUS, le refus de l’augmentation prévisible des frais d’inscription, conformément aux revendications des étudiantEs

-  le retrait de l’accord Kouchner/Vatican qui ouvre la voie à la délivrance de diplômes universitaires par le privé (en particulier confessionnel)

-  un service public d’État d’enseignement supérieur et de recherche.

Nous reconnaissons les coordinations nationales issues des coordinations locales et des assemblées générales de personnels et d’étudiantEs, ainsi que leurs revendications actuelles.

En conséquence, nous appelons l’ensemble des personnels à se joindre au blocage des bâtiments universitaires et à toutes les manifestations et actions proposées par les Coordinations Nationales de l’Education, Coordinations nationales des Universités et différentes AG locales.

Nous appelons l’ensemble des personnels à trouver les différentes modalités de validation du semestre permettant à toutes et tous de passer dans le diplôme et/ou l’année supérieure et de continuer et d’amplifier la lutte.

Nous appelons à renforcer l’unité, afin de porter à l’intérieur de nos champs de lutte et de syndicalisation un projet alternatif et démocratique indissociable d’un statut de fonctionnaire d’État protégeant tous les personnels.
Pour mener à bien ce combat, voué à s’inscrire dans le long terme, la convergence des luttes est nécessaire, non seulement au sein du système éducatif national, mais encore avec les luttes appelées à se développer dans les secteurs public et privé, ainsi qu’au plan international, où la mondialisation ultralibérale génère des processus identiques. Ces luttes doivent se mener dans la perspective de la construction de la grève générale, avec les organisations syndicales, au sein des assemblées générales de personnels, syndiqués comme non syndiqués, dans les coordinations et collectifs nationaux et locaux, dans chaque secteur comme au niveau interprofessionnel public-privé.

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