Sur les formes d’action, ouvrons le débat

samedi 28 avril 2007
mis à jour dimanche 2 septembre 2007

Les sujets de mécontentement, de colère, de mobilisation sont plus nombreux que jamais.

Les ministres passent - ... Bayrou, Allègre, Ferry, Fillon, De Robien - les réformes s’empilent, les moyens ne cessent de diminuer. L’école est de plus en plus inégalitaire socialement ; les élèves et les parents des milieux défavorisés sont les premiers touchés. Le service public d’éducation est remis en cause, réformes après réformes, les conditions de travail se dégradent pour les personnels, y compris les salaires (un certifié débute avec 1250 euros net mensuels !).

Face à cela : une grève de 24h par trimestre en moyenne et une motion à chaque C.A. (direct poubelle pour l’I.A.). Le ministre dit : « je vous ai entendus » et le démantèlement de l’Education nationale se poursuit. On connaît la chanson... Bref un jeu de rôle bien huilé qui montre l’inefficacité de ce type d’action.

Illustration par la grève du 20 mars

- Une grève dans le seul secon-daire ? Est-ce que les problèmes, la politique du gouvernement sont différents dans le primaire et dans les autres secteurs
de l’éducation ? Cette grève enferme les personnels du
secondaire dans une démarche catégorielle, voire corporatiste.
- Une grève de 24h, sans lendemain, sinon la prochaine grève de 24h, à quoi cela sert-il ? Les syndicats doivent s’interroger sur les formes et les moyens d’action.
- Les syndicats Fsu du secondaire appellent seuls à la grève, pas la Fsu. Pourquoi ? On a du mal à saisir la démarche unitaire du Snes, sinon la volonté de ce syndicat, en cette période électorale, d’apparaître comme un interlocuteur incontournable pour le futur mini-stre... à suivre après les élections !
- L’enjeu des questions éducatives ne concerne pas que les personnels enseignants et non enseignants. N’est-il pas nécessaire de lier les mobilisations des personnels de l’Education aux autres secteurs dans le cadre de la défense et du développement des services publics ? N’est-ce pas là une des causes de l’échec du mouvement de 2003 ?

La grève du 20 mars, très inégale selon les régions et les établissements, fut un échec au niveau national. Pour Sud éducation Lot il ne s’agit ni de valoriser ni de rejeter telle ou telle forme d’action, mais de poser avec tous les personnels la question de l’efficacité des luttes. Les grèves de 24h ont montré leurs limites. Ceci ne veut pas dire que dans un autre contexte elles ne constitueront pas une étape importante dans une dynami-que de mobilisation. Mais la répétition de ce type d’action à intervalle régulier, et surtout sans lendemain, ne peut que décourager les personnels.

Pour mettre en échec la globalité de cette politique scolaire, nous pensons qu’il faut reconstruire patiemment un mouvement social fort, le plus large
et le plus unitaire possible. Contrairement aux cheminots ou à d’autres professions, nos grèves ne paralysent pas des secteurs vitaux de l’économie. En 1995, après trois semaines de grève, les cheminots ont imposé au gouvernement Juppé de retirer sa réforme des retraites et celle de la Sncf.

Aujourd’hui dans de nombreux établissements, les personnels envisagent d’autres formes d’action comme la grève des notes, le refus des réunions non statutaires... C’est toute la question de l’efficacité de nos luttes qui est posée. Pourquoi ne pas envisager un vaste mouvement de refus (désobéissance civile) à l’échelle nationale ? C’est aux personnels de décider démocratiquement, en assemblée générale (Sud éducation est pour l’auto-organisation des luttes), mais les syndicats doivent aussi clairement se positionner dans ce débat.

Enfin, n’oublions pas que la question de l’école ne concerne pas les seuls personnels mais bien l’ensemble des citoyens, donc il y a nécessité, en tant que syndicat, de porter le débat dans l’opinion et de mobiliser à ce sujet. Seules la convergence et l’unité des luttes sont capables de créer un véritable rapport de force susceptible de mettre efficacement en échec la politique de démantèlement du service public d’éducation menée par les gouvernements successifs.

Sud éducation Lot

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