Syndicalistes unitaires pour la grève générale

vendredi 10 décembre 2010

Le mouvement sur les retraites a été marqué par une convergence de terrain entre équipes syndicales de lutte. Ces convergences unitaires par et pour la lutte se sont également manifestées autour de deux appels de syndicalistes.

Lancé à la veille de la journée de grève interprofessionnelle du 23 septembre, le premier appel Syndicalistes pour la grève générale visait deux objectifs : bâtir la grève générale et travailler à « un syndicalisme de lutte plus fort et plus efficace » en proposant notamment la construction d’un « réseau syndical de lutte ».

Lancé par des camarades de Solidaires et de la CGT du Nord, l’appel ralliait dès le départ les militants Émancipation de la FSU et les syndicalistes indépendantistes du STC (Syndicat des travailleurs corses), de la CDMT (Centrale démocratique martiniquaise des travailleurs) et de la CTU (Centrale des travailleurs unis). Le Bureau confédéral de la CNT signait également.

La dynamique de l’appel

Reposant sur des signatures individuelles, cet appel se voulait une expression concrète, au plus près du terrain, du travail unitaire déjà existant en souhaitant le consolider dans la perspective de l’ancrage de la grève dans les secteurs professionnels et les localités.

Cet appel a ainsi servi à de nombreux militants syndicaux dans leurs assemblées générales de secteurs pour montrer qu’un courant de fond favorable à la grève générale existait.

Grâce à la mise en ligne d’un site internet, c’est un peu plus de 800 syndicalistes qui ont signé cet appel ! Beaucoup des syndicats Sud, mais aussi, en nombre significatif, de la CGT et de la FSU. On notait également plusieurs signatures du syndicat LAB (Pays Basque).

Dans notre secteur professionnel, outre les signataires Émancipation-FSU déjà mentionnés, plusieurs militants de la CGT éduc’action (Alsace, Bouches-du-Rhône, Maine-et-Loire, Seine-St-Denis, Val-de-Marne) signaient. Et c’est très largement que les militants et les syndicats de Sud éducation se sont retrouvés dans la logique de cet appel.

Enfin, localement, l’appel servait à initier des collectifs locaux (comme à Tours le collectif « Ensemble pour le retrait »). En Seine-Maritime, un site internet local, Pour un syndicalisme de lutte en Seine-Maritime dont l’appel servait de référence relayait les nombreuses initiatives interprofessionnelles du Havre et Rouen.

L’appel des 450

Mais après le 23 septembre la reconduction de la grève n’est pas celle escomptée. Pour les initiateurs de l’appel il faut relancer un appel plus conjoncturel afin d’appuyer sur la question de la reconduction qui commençait à travailler jusqu’aux équipes fédérales de la CGT dans des secteurs clés comme la chimie, l’énergie ou le rail.

D’où, le 8 octobre, un second appel "Ensemble pour le retrait du projet de loi sur les retraites et pour nos revendications", plus court et recentré sur la nécessité de « la grève générale, reconductible, le blocage de l’économie ». Lancé avec 450 signataires, équilibrant les signatures CGT, FSU et Sud/Solidaires (et reprenant les signataires de la CDMT et de la CTU, du STC, du LAB ou de la CNT du premier appel), ce second appel recueille plus de 1000 signatures en quelques jours. Signe de cet élargissement, les militants École émancipée de la FSU signaient en nombre alors qu’ils ne l’avaient pas fait sur la première fois. L’appel trouvait cette fois-ci un prolongement dans les reconductions, bien réelles après le 12 octobre, les actions et les AG interpro.

S’il ne mentionnait pas la perspective d’une mise en réseau des syndicalistes de lutte, idée très présente dans le premier appel, l’appel des 450 engageait néanmoins des syndicalistes à apposer leur nom, leur appartenance syndicale, aux côtés de ceux d’autres camarades d’autres organisations. Une unité à la base s’y manifeste clairement.

Malgré cela, comme son prédécesseur, ce second appel ne franchit pas la barrière médiatique (seul Politis du 30 septembre s’intéressa à la démarche). Les deux appels auront pour l’essentiel circulé dans les réseaux militants et syndicaux (et même un groupe Facebook rassemblant 300 membres !).

On aurait pu imaginer un troisième appel, cette fois de grévistes, qui aurait pu évoquer des perspectives d’auto-organisation, de reprise en main de l’outil de travail… mais le temps et le mouvement réel des luttes auront manqué.

Aujourd’hui, les jalons sont posés pour continuer à faire vivre cette démarche unitaire : c’est bien à l’affirmation d’un camp syndical de lutte de classe qu’il faut travailler.

Sud éducation Loiret

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