Une nouvelle seconde inacceptable

mardi 31 août 2010

Pour Sud il ne faut pas confondre la mise en place parfois incontournable s’agissant des Enseignements d’Exploration (EE) et de l’Accompagnement pédagogique (AP) et une adhésion véritable des collègues à la réforme du lycée. Ces mesures phares de la rentrée restent imposées à la profession et inacceptables pour le modèle d’école qu’elles dessinent.

EE, AP et groupes de compétences linguistiques sont financés par 10h30 globalisées dues aux baisses horaires disciplinaires. Du lycée de centre ville à l’établissement classé d’une banlieue populaire les choix des établissements ne sont pas les mêmes : effectifs réduits en priorité dans les EE scientifiques par exemple contre priorité à Principes Fondamentaux de l’Économie et de la Gestion ou Biotechnologie pour les futurs élèves des filières tertiaires ou paramédicales.

De même pour l’accompagnement Pédagogique. L’institution semble insister dans certaines académies comme Créteil pour des apprentissages méthodologiques interdisciplinaires toute l’année : prise de notes / recherches documentaires / élaboration d’un brouillon. Une autre partie de l’année étant consacrée au travail sur l’orientation des élèves. Parions qu’à Henri IV à Paris, d’autres choix prévaudront.

Au total c’est un recul très net du cadre horaire national des enseignements et la perspective d’une concurrence accrue entre les lycées dans le contexte de la suppression de la carte scolaire.

Diviser pour mieux régner

Dans bien des cas, des arbitrages difficiles entre collègues et matières ont eu lieu pour savoir qui bénéficierait de ces heures et donc de moins de classes à suivre. Par exemple, un prof d’Histoire-Géographie peut aller jusqu’à 7h25 (HG3h +ECJS1h EE1,25 h+2hAP) alors que seules 3h sont désormais prévues en Histoire-Géo.

Pour les heures d’AP, dans bien des cas le Professeur Principal de la classe semble avoir un droit sur une partie de l’AP en raison de son rôle dans le projet d’orientation. Là aussi, même si ce rôle n’est pas nouveau, comment ne pas y voir le prélude à la fin de la présence des COP dans les établissements ?
Il est bien clair que tous les collègues ne pourront pas avoir un service taillé sur mesure. Alors pourquoi procéder ainsi, si ce n’est pour nous mettre en concurrence les uns avec les autres et affaiblir notre capacité de résistance ?
Pour les EE, comment enseigner avec 1,5h même parfois en partie dédoublées des disciplines nouvelles qui déterminent (comme les SES pour la filières ES) la spécialisation en 1ère et terminale ? Plus globalement le risque de saupoudrage est assumé par le ministère qui parle « de donner à voir » et exclut une prise en compte de l’évaluation des EE pour le passage dans une des filières de 1ère.

L’accompagnement personnalisé reste dans la lettre du projet inacceptable même si beaucoup d’enseignants tenteront comme d’habitude d’en faire autre chose. Ce dont les élèves ont besoin c’est sans doute de méthode, sans doute d’approfondissement, de soutien mais pas déconnectés des enseignements qu’ils ont par ailleurs ! Cette situation et la disparition des 2h d’AI (aide individualisée en lettres et maths) vont rendre toute aide déjà insuffisante totalement aléatoire. Cela risque de décevoir beaucoup de lycéens et de parents trompés par la propagande ministérielle. À nous aussi de leur expliquer dès la rentrée pour ne pas être le bouc émissaire d’une réforme que nous n’avons pas souhaitée !

Plus profondément c’est un exemple frappant du passage en cours dans notre enseignement des « connaissances aux compétences ».

Vers une dégradation des conditions de travail

Enfin les emplois du temps des profs et des élèves vont se dégrader. De nombreux EE ainsi que l’AP nécessiteront l’alignement des heures entre plusieurs professeurs de disciplines différentes. Cela poussera à un allongement des heures de présence dans les établissements. L’arrivée de la reforme en 1ère et Terminale aggravera la situation. Les dédoublements disciplinaires s’ils ont été épargnés cette année, comme dans le 93, seront supprimés ; il faudra bien financer les heures d’AP, les priorités de chaque établissement… et l’administration pourra, grâce au tronc commun généralisé en 1ère, augmenter les effectifs et supprimer encore des classes et des postes…

Depuis le scandale de la parution des notes ministérielles pour optimiser les moyens, il est indiscutable que Sud avait raison de dire que le but principal des reformes est de supprimer des postes. Pour éviter que le rêve de Châtel ne devienne notre cauchemar, la lutte s’impose dès la rentrée.

Sud Éducation Créteil

Navigation

Mots-clés de l'article

Agenda

<<

2019

>>

<<

Décembre

>>

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2526272829301
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
303112345