Union Syndicale Solidaires

 janvier 2001
mis à jour jeudi 31 août 2006

Résolution de l’Union Syndicale "Solidaires" adoptée par le Conseil National du 4 janvier 2001

L’Union syndicale "Solidaires" a engagé un débat en son sein sur l’état des mobilisations et des rapports de force, la situation syndicale dans notre pays et l’état de son propre développement.

Face aux attaques patronales ou gouvernementales, les salariés ont besoin d’une capacité de mobilisation à la hauteur des enjeux du moment, notamment pour la défense des services publics et contre leur privatisation, le maintien de la retraite par répartition, de l’assurance maladie, l’augmentation des salaires, le refus de la précarisation du salariat et de la flexibilité systématique, la titularisation des précaires sans condition dans la Fonction publique, la défense du droit des chômeurs et le refus du PARE...

L’emprise croissante de l’idéologie libérale conduit progressivement une partie du syndicalisme à ne plus remettre en cause cette logique libérale et à agir comme si aucune alternative n’était possible. L’Union syndicale "Solidaires" ne se résout pas à une telle situation qui, si elle perdurait et se développait, serait dramatique pour l’ensemble des salariés, des chômeurs et des précaires.

Pour sa part, l’Union syndicale "Solidaires" essaie de développer une stratégie et une pratique syndicale, au niveau professionnel comme au niveau interprofessionnel, permettant mieux aux salarié(e)s de faire le lien entre ce qu’ils vivent au quotidien dans leur entreprise ou leur administration, et une mondialisation libérale en marche d’un bout à l’autre de la planète. Son engagement dans les différents mouvements sociaux de luttes contre la mondialisation libérale et les exclusions de toute nature qu’elle produit, permet à l’Union syndicale "Solidaires" une meilleure compréhension des différents aspects de la mondialisation et des différents terrains de luttes qu’elle nécessite.

Pour autant, l’Union syndicale "Solidaires" est convaincue qu’aucune organisation ne peut prétendre, à elle seule, détenir les réponses efficaces pour construire les rapports de forces interprofessionnels et professionnels afin de faire reculer le libéralisme, de gagner sur les revendications, de dépasser les faiblesses actuelles du syndicalisme et les risques d’un glissement majoritaire du syndicalisme français dans un syndicalisme d’accompagnement du libéralisme.

Face à ces constats, l’Union syndicale "Solidaires" a décidé de proposer un large débat sur ces questions qui sont décisives pour l’avenir du syndicalisme dans notre pays. Ce débat s’adresse bien sûr aux forces syndicales avec qui nous nous retrouvons souvent sur le terrain des actions professionnelles ou interprofessionnelles, localement ou nationalement, mais aussi à l’ensemble des salariés, chômeurs ou précaires. Ce débat doit porter en premier lieu sur les revendications à mettre en avant, sur les actions à proposer pour les faire aboutir et sur le type de syndicalisme à développer.

Il doit être proposé aux salariés et aux organisations syndicales qui participent encore aux résistances contre la mondialisation libérale et ses concrétisations au quotidien, qui n’ont pas basculé dans un syndicalisme d’accompagnement des projets patronaux, et qui souhaitent débattre des conditions d’une plus grande efficacité syndicale contre les projets de refondation sociale du MEDEF, contre les attaques libérales du patronat et du gouvernement, des revendications interprofessionnelles prioritaires et de l’état du paysage syndical.

Ce débat doit être mené au plan national et interprofessionnel, mais aussi dans les branches professionnelles et au plan local.

L’Union syndicale "Solidaires" met publiquement en débat, nationalement et localement, sa proposition de constitution d’un pôle intersyndical interprofessionnel qui puisse redonner espoir aux salarié(e)s, aux précaires, aux chômeuses et aux chômeurs. Un tel pôle n’impliquerait aucune organisation structurelle, mais il pourrait se traduire par un texte engageant les organisations parties prenantes. Ce texte, à élaborer avec celles-ci, constituerait un pacte de non agression, devrait porter sur la conception du syndicalisme, sa place et son rôle dans la société et indiquerait des priorités de travail. Un tel texte engagerait aussi les organisations parties prenantes à des rencontres régulières pour débattre et élaborer des priorités revendicatives, des propositions de campagnes et de mobilisations et qui pourraient aussi traiter des questions de pratiques syndicales, de lien aux divers mouvements sociaux, et de la prise en compte des aspirations des salariés vis-à-vis du syndicalisme.

Parallèlement, chaque fédération et chaque syndicat membre de l’Union Syndicale "Solidaires" proposera cet échange aux structures syndicales partenaires dans chaque secteur professionnel ; les Solidaires locaux feront de même à l’égard des unions départementales des autres organisations.

C’est le débat à tous les niveaux qui peut faire apparaître les convergences, les volontés et les capacités d’un travail en commun plus profond tant sur les revendications que sur l’outil syndical qui puisse y répondre.

Plus largement, l’Union Syndicale "Solidaires" constate que le libéralisme s’attaque aujourd’hui à tous les domaines de la vie des personnes, bien au-delà des seuls rapports de travail et de production. Elle veut mener un combat syndical plus efficace, en s’engageant dans une unité d’action plus déterminée avec d’autres forces syndicales ; mais l’efficacité contre le libéralisme nécessite certainement une convergence plus forte entre le mouvement syndical et le mouvement social. L’Union Syndicale "Solidaires", en ce sens, a aussi la volonté de débattre avec les associations de lutte contre le chômage, le réseau des Marches Européennes, le Collectif national des droits des femmes, ATTAC, la Confédération Paysanne, etc. sur la question des rapports de force à construire ensemble. Une telle démarche devrait aussi être débattue au sein du pôle intersyndical interprofessionnel que nous proposons.

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