Salaires des AESH : les maigres augmentations salariales ne feront pas avaler la pilule des PIAL !

Suite à la forte mobilisation des AESH contre la politique de mutualisation (les PIAL) et pour la reconnaissance de leur métier par un vrai statut de la Fonction publique, Blanquer est contraint de revoir les salaires des AESH à la hausse.

Le 26 mai, après le “Grenelle de l’éducation”, il annonce une enveloppe de 40 à 60 millions d’euros pour revaloriser les salaires des 121 000 AESH en poste et la participation de l’employeur au financement de leur mutuelle santé (15 euros par mois).

Le 6 juillet, en groupe de travail ministériel, le ministère propose aux organisations syndicales une nouvelle grille indiciaire qui remplace la grille annexée à la circulaire du 5 juin 2019.

Ci-dessous la proposition du ministère :

 

Grille actuelle indicative Proposition du ministère
à temps plein à 61% à temps plein à 61%
Après 1 an 1320€ 800€ 1335€ (+15€) 814€ (+14€)
Après 3 ans 1330€ 812€ 1375€ (+45€) 838€ (+36€)
Après 6 ans 1379€ 841€ 1415€ (+36€) 863€ (+22€)
Après 12 ans 1400€ 855€ 1494€ (+94€) 911€ (+56€)
Après 18 ans 1447€ 882€ 1575€ (+127€) 960€ (+78€)
Après 30 ans 1734€ 1057€

 

Des annonces insuffisantes ! Il faut créer un statut avec un temps plein de 24h d’accompagnement ! 

Ces augmentations de salaires et la création de 4 nouveaux échelons (de 7 à 11 échelons de rémunération) sont trop faibles. Dans la proposition du ministère, un-e AESH employé-e à 61% (24 heures de service hebdomadaire) depuis 30 ans bénéficie d’un salaire de 1057€. C’est un scandale !

Le ministère dit vouloir “déprécariser” les AESH, néanmoins les seules mesures qui permettraient aux AESH de sortir de la précarité est de créer un statut de la Fonction publique et de reconnaître le temps plein à 24h d’accompagnement pour les AESH. Lorsque les AESH sont employé-e-s sur des temps incomplets, leurs salaires restent incomplets !

Un temps plein avec un accompagnement de 24h par semaine permettra aux AESH de bénéficier d’une rémunération à 100% avec un début de carrière à 1335€ et une fin de carrière à 1734€. Le temps plein des AESH doit être, comme pour les personnels enseignants de l’Éducation nationale, corrélé au temps scolaire. Un service de 24h d’accompagnement auquel s’ajoutent le temps de réunion, de concertation, d’adaptation du matériel pédagogique doit être reconnu comme un service à 100% par le ministère de l’Éducation nationale.

Face au constat de l’augmentation du coût de la vie pour les salarié-e-s et les personnels et de l’aggravation des inégalités sociales, l’Union syndicale Solidaires, dont SUD éducation est membre, revendique des mesures de redistribution des richesses avec une hausse du SMIC à 1700 euros et une augmentation généralisée des salaires de 400 euros.

 

Pour la reconnaissance du métier d’AESH : un vrai statut, un vrai salaire ! 

Alors que l’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap est une priorité du ministère de l’Éducation nationale, le ministre Blanquer passe à côté des enjeux. Les réponses du groupe de travail ministériel sont inquiétantes puisqu’il prévoit de développer le double employeur, c’est-à-dire l’emploi des AESH dans le périscolaire et la restauration scolaire sous contrat hyper-précaire d’animateur-trice. Pourtant les AESH sont fortement mobilisé-e-s pour la reconnaissance de leur métier et de leurs compétences professionnelles.

 

Pour SUD éducation, si Blanquer n’entend pas les revendications des AESH, alors il faut crier plus fort ! 

SUD éducation appelle les AESH à se mobiliser pour un vrai statut, un vrai salaire et l’abandon des PIAL !