Motions de la coordination nationale des universités du 20 février


Publié le samedi 21 février 2009 sur https://www.sudeducation.org/Motions-de-la-coordination.html

La journée de manifestations du 19 février a rassemblé 50 000
enseignants, enseignants-chercheurs, chercheurs, BIATOSS, ITA,
précaires, post-doctorants, doctorants, étudiants, et des personnels de
l’Éducation Nationale dans toute la France. Aujourd’hui, le 20 février
2009, la 4e Coordination nationale des universités se tient à
Nanterre.

Elle exprime son exaspération face au mépris sans précédent manifesté
par le gouvernement et par le président de la République vis-à-vis de
son mouvement et de ses revendications, vis-à-vis de l’ensemble de la
communauté universitaire.

Elle constate que les revendications posées par les Coordinations
précédentes n’ont pas été satisfaites et que les réformes contestées
n’ont pas été retirées.

En conséquence, elle maintient le mot d’ordre de grève, reconductible,
totale et illimitée lancé le 22 janvier : « L’Université et la
Recherche s’arrêtent ».

Motion 1 : « De la maternelle au supérieur »

Les délégués à la Coordination nationale des universités réunie à
Nanterre le 20 février 2009 constatent qu’un projet cohérent est en
train d’être mis en place de la maternelle à l’université : casse des
services publics et des statuts des personnels et des établissements de
la fonction publique, éducation à deux vitesses, mise en concurrence
des établissements, crédits insuffisants, suppressions de postes,
précarisation. Nombre de nos revendications concernent les collègues de
la maternelle, du primaire et du secondaire, et au-delà l’ensemble de
la société. Leurs revendications sont les nôtres. Ceci est
particulièrement vrai en ce qui concerne l’emploi, la réforme des
concours de recrutement et de la formation des enseignant-e-s, mais
aussi la remise en cause des disciplines et des statuts nationaux.

La coordination appelle à la multiplication des actions communes
partout sur le mot d’ordre « De la maternelle à l’université : retrait
des contre-réformes Darcos/Pécresse ».

Elle reprend la proposition que soit organisée une grande journée de
mobilisation sur ce mot d’ordre début mars.

Dans cette perspective, elle mandate une délégation pour prendre
contact avec les organisations syndicales et l’Intersyndicale de
l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle appelle nos collègues
à aller discuter dans les écoles, collèges et lycées. Elle appelle les
IUFM à rejoindre massivement le mouvement et à le relayer auprès des
maîtres formateurs. Elle mandate une délégation à la coordination
parents-enseignants du 14 mars à Montpellier.

Motion 2 : « Pour une nouvelle loi »

La coordination nationale exige l’abrogation de la loi LRU et du Pacte
pour la Recherche et l’arrêt immédiat de leur mise en œuvre. Elle exige
l’adoption d’une nouvelle loi. Cette loi doit instituer un véritable
équilibre des pouvoirs au sein de l’Université et de la Recherche dans
le respect du Statut Général de la Fonction publique. La nouvelle loi
doit être conforme aux aspirations exprimées par les universitaires,
les chercheurs, les BIATOSS, les ITA et les Etudiants. Il est impératif
que cette nouvelle loi soit élaborée après consultation et de
véritables négociations.

Motion 3

La 4ème Coordination nationale des universités réunie à Nanterre le 20
février 2009 reprend à son compte les motions votées dans les
Coordinations précédentes, avec l’ensemble des revendications qu’elles
contiennent, et l’appel du CNRS voté le 12 février. Nous continuons à
exiger :

- le retrait de la réforme du mode d’allocation des moyens
(dit modèle SYMPA) ;
- la résorption totale de la précarité et l’augmentation des
salaires des personnels (revalorisation du point d’indice et
intégration des primes dans les salaires) ;
- le réinvestissement de l’État dans les CROUS et dans
l’aide sociale aux étudiants ;
- la fin du processus d’externalisation des tâches, et le
maintien de la filière bibliothèque.

La coordination nationale des universités appelle à
intensifier la mobilisation et les luttes en cours. Elle soutient les
revendications de la Coordination étudiante du 14-15 février. Elle
soutient les « désobéissants » qui refusent dans les écoles de mettre
en place le soutien individualisé, et demande l’arrêt immédiat des
sanctions contre les enseignants du primaire.

Dans l’immédiat, la coordination nationale exige le retrait des trois réformes contestées (projet de réforme du statut, masterisation des concours, projet de contrat doctoral unique), la fin du démantèlement des organismes publics de recherche ainsi que la restitution des 1030 postes supprimés, et un plan pluriannuel de création d’emplois .

Motion 4 : Solidarité avec les étudiants

La Coordination nationale des universités réunie à Nanterre le 20 février 2009 déclare son soutien au mouvement des étudiants et à leurs revendications telles qu’exprimées dans la plateforme de leur première coordination nationale de Rennes.

Elle mandate une délégation pour prendre contact avec le comité d’organisation de leur prochaine coordination nationale : samedi 28 et dimanche 29 février (université d’ Angers).

Calendrier national

- 24 février : multiplier les actions en direction du public.
- 26 février : journée nationale de manifestations.
- 5 mars : journée nationale de manifestations. Par ailleurs, si nos exigences ne sont pas satisfaites à cette date, nous appelons à la démission de toutes les charges administratives non électives et au refus de participation aux jurys (bac, BTS, DUT, Capes-Agreg, session de printemps…), enfin à pratiquer l’obstruction dans le cadre des mandats électifs.
- 7 mars ? : Rassemblement de la maternelle à l’université
- 6 mars : Prochaine AG de la Coordination nationale à Paris 12 (peut-être avec Marne-La-Vallée).
- 10 mars : Grande manifestation nationale « de la maternelle à l’université » à Paris.
- 12 mars : Appel à soutenir et à participer à la Coordination Nationale des laboratoires.
- 19 mars : Appel à la journée de mobilisation nationale intersyndicale et interprofessionnelle.

Et aussi

- Développer la grève active, des cours alternatifs, les interventions dans les lieux publics, voir leur occupation.
- Boycott des expertises AERES et ANR, boycott des audits des Universités pour le passage à l’autonomie. Envoi d’une lettre de la coordination.
- Blocage des conseils centraux qui prévoient de remonter les maquettes.
- Participation aux Journées en mars à Bruxelles en relation avec la stratégie de Lisbonne et de Bologne.
- Voter le principe d’une caisse de grève avec les BIATOSS et les ITA, le primaire et le secondaire.
- Appel aux chefs de service administratifs pour ne pas remonter le recensement des grévistes.
- Délégation à la coordination étudiante à Angers le week-end du 28 février et 1er mars.