Sauvons les services de vie scolaire

Non à la gesticulation sécuritaire !

En 2009/2010, Sud Éducation Loiret n’a pas chômé sur le front de la vie scolaire...

En congrès départemental, notre syndicat avait décidé de mobiliser dès septembre les personnels AED sur deux revendications fortes :

- des contrats de 3 ans pour toutes et tous ;
- la déduction d’office des 200 heures de formation des emplois du temps.

À cette campagne s’est ajoutée une action syndicale urgente suite au non-paiement fin septembre de près de 50% des AED.

L’année s’annonçait chaude et nous appelions à un premier rassemblement le 16 décembre devant le Rectorat. Mais n’oublions pas que les AED sont des personnels parmi les plus précaires de l’Éducation nationale, qui plus est soumis à des contrats d’un an dépendant directement du bon vouloir du Chef d’établissement. Peinant de ce fait à construire un rapport de force massif, nous obtenions des résultats marginaux (prise en compte de l’ancienneté dans les congés maladie par exemple, envoi d’une circulaire sur les 200 heures de formation...).

Pourtant le contact était pris avec des équipes AED dans plusieurs collèges et lycées de l’agglomération orléanaise, contacts qui se sont révélés précieux par la suite.

La campagne continuait, appuyée sur la diffusion d’un tract spécifique et l’organisation d’heures mensuelles d’info syndicale « Vie scolaire » dans plusieurs établissements.

AED : la saignée

En janvier nous apprenons que le Rectorat envisage de « saigner » les effectifs AED en procédant à plus d’une centaine de suppressions de postes. Et ces destructions d’emploi se font qui plus est en cours d’année sans considération aucune pour « l’intérêt du service » dont on nous rebat pourtant régulièrement les oreilles !

Le contexte, c’est aussi la mise en place des Équipes Mobiles de Sécurité. Pour de nombreux collègues de Vie scolaire, mais aussi enseignants, il n’y a pas de doute : on supprime des postes d’AED pour mettre en place les EMS. C’est bien un service, celui de Vie scolaire, qui est à la fois restructuré sous la pression d’une gestion comptable à courte vue, mais aussi dénaturé sous la pression d’une idéologie sécuritaire. Le syndicat décide alors d’organiser un stage de formation syndicale académique intitulé « Quelle Vie scolaire nous attend demain ? » qui se tient le 6 mai 2010.

Devant la menace des destructions d’emploi pour chaque AED, des non-reconductions de contrats, véritables licenciements déguisés, il s’agit de coordonner une action d’envergure pour contrecarrer, à partir d’une dynamique de terrain, les projets du rectorat mais aussi de refuser la logique portée par les assises sécuritaires qu’organise alors Chatel. Avec plus d’une trentaine de participants le stage est un succès. Il débouche sur l’élaboration d’une plate-forme revendicative en trois points :

- le maintien des postes d’assistants d’éducation et la mise en place d’une formation pour ces personnels ;

- la dissolution des équipes mobiles de sécurité ;

- l’arrêt du recours aux contrats de plus en plus précaires qui désorganise la Vie scolaire en multipliant les statuts.

Cette plate-forme s’ajoute aux revendications du syndicat (cf. ci-dessus) et se double d’un appel à organiser un « jeudi noir » de la Vie scolaire le 27 mai. Cette initiative va rencontrer la journée interprofessionnelle appelée par l’intersyndicale nationale. Ce sera l’occasion de continuer la manifestation interprofessionnelle du 27 mai jusque devant le Rectorat avec un cortège d’une centaine de personnes regroupant des manifestants Sud PTT, Sud Santé et Sud éducation dénonçant les suppressions de postes d’AED.

Après l’obtention de trois audiences auprès du Rectorat (et quelques maigres résultats) avec une mobilisation de basse intensité, c’est bien la construction d’un véritable rapport de force qui est à l’ordre du jour en cette rentrée.

Comme le dit l’appel du 6 mai : «  La Vie scolaire que nous voulons, celle que nous défendons, c’est une Vie scolaire avec des moyens humains, avec des adultes référents pour les élèves. Nous avons besoin des assistants d’éducation. Toutes les caméras de vidéosurveillance, toutes les EMS, ne remplaceront jamais le travail éducatif précieux effectué au quotidien et dans la durée par les personnels de Vie scolaire.  »

Il s’agit bien de défendre un service pris entre le marteau sécuritaire et l’enclume gestionnaire capitaliste et menacé de destruction pure et simple en articulant cette bataille locale au combat global contre la casse du service public d’éducation.

Sud éducation Loiret