Non à la vidéosurveillance dans les établissements scolaires


Nicolas Sarkozy a indiqué, le 28 juillet dernier, qu’un projet de loi anti-terroriste serait prêt à la rentrée, avec notamment des dispositions sur la vidéosurveillance et les données téléphoniques. Cette escalade du climat sécuritaire remplit les poches des prestataires en équipement électronique de sécurité et consultants en tout genre, tandis que les valeurs de la démocratie et les libertés individuelles sont reléguées au statut de belles paroles creuses. Ce climat accélère également le recours dogmatique à la surveillance électronique dans les établissements scolaires, sans aucune réflexion sur l’impact éducatif d’une telle politique plus médiatique qu’efficace, où l’électronique remplace de plus en plus la présence humaine.

NE LAISSONS PAS L’ELECTRONIQUE SECURITAIRE SAPER LE TRAVAIL EDUCATIF : ENGAGEONS LA LUTTE EN SIGNANT MASSIVEMENT CETTE PETITION

Les organisations, les associations, les personnes, signataires expriment leur ferme opposition à l’installation de systèmes de vidéosurveillance dans les établissements scolaires.

Le respect de la liberté individuelle est l’une des valeurs que l’école doit transmettre. Cette valeur est d’ailleurs inscrite dans la constitution.

Or la vidéosurveillance c’est l’abandon des droits du citoyen à rester anonyme et à ne pas être surveillé dans ses déplacements. La vidéosurveillance dans les établissements scolaires c’est habituer les personnes, dès l’adolescence, à l’abandon de ces droits.

En fait, l’introduction de la vidéosurveillance à l’école vise aussi à masquer la forte diminution des effectifs de surveillants (30 000 en 5 ans).

Mais avant tout, la vidéosurveillance installe une ambiance peu compatible avec ce que doit être l’école :

- Elle vise plus à induire un comportement de soumission qu’elle ne fait appel à la réflexion et à la conscience : cela s’apparente plus au dressage qu’à l’éducation.

- Elle va à l’encontre d’une véritable action éducative : pour progresser, les jeunes ont besoin qu’on leur fasse, le plus possible, confiance. À travers la vidéosurveillance, au contraire, on leur signifie que l’on se méfie d’eux à priori. Ceci est particulièrement grave pour ce qui est des
jeunes dits « difficiles ». Si des jeunes des quartiers, des cités, se montrent « difficiles », c’est, entre autres raisons, parce qu’ils se sentent (et sont objectivement) victimes de méfiance et de rejet. À travers la vidéosurveillance, on leur signifie qu’à l’école aussi on se méfie d’eux.

- D’un côté, on risque de renforcer la vision de certains élèves selon laquelle l’équipe éducative de l’établissement cherche à les "coincer" (et, de fait, une école barricadée ferait évoluer le rôle des équipes éducatives
vers celui de gardien de prison). D’un autre côté, la vidéosurveillance dans les établissements contribuerait à installer ou renforcer chez certaines personnes de l’Éducation Nationale, chez certains parents et dans
la population, la représentation selon laquelle beaucoup d’élèves seraient des voyous potentiels.

La vidéosurveillance n’est que l’une de ces échappatoires qui visent à s’affranchir d’une vraie réflexion sur les causes des problèmes. Chômage, précarisation massive, manque de travail à la sortie des études... Cette société applique une violence sociale contre tous, en premier lieu contre la
jeunesse. C’est cette réalité que l’on veut masquer. Cela va de pair avec toute une politique ultrasécuritaire dans le société et à l’école.

Pour tous les jeunes, y compris ceux qui connaissent des conditions de vie très difficiles, l’école doit être un lieu de vie ouvert et accueillant : elle ne doit pas apparaître comme une prison avec ses caméras, ses contrôles par codes-barres, ses portillons, etc...