L'interorga de l'ExisTransInter réunit une trentaine d'associations, collectifs, syndicats et partis.
Le 18 octobre aura lieu l’ExisTransInter à Paris, la marche des personnes trans et intersexes et de celles et ceux qui les soutiennent. Alors que l'offensive antitrans entamée au Sénat se poursuit, la résistance s'organise. Le collectif unitaire de l'ExisTransInter appelle à marcher : Face à ceux qui veulent notre mort, résistance des trans et intersexes du monde entier !
La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié ses recommandations concernant les transitions le 18 juillet dernier. Celles-ci reconnaissent l'expertise et les pratiques d'autodétermination et de dépsychiatrisation qui étaient jusque-là pratiquées par les associations. Il faut maintenant que ces recommandations soient mises en pratique ! Mais, sous la pression des groupes antitrans, la HAS reporte à une date ultérieure les recommandations pour les mineurs. C'est particulièrement inquiétant alors que la loi d'interdiction des transitions de mineurs votée par le Sénat attend d'être étudiée à l'Assemblée nationale.
Pendant ce temps, transitionner rime avec difficultés d'accès au travail, au logement et aux soins. Pendant ce temps, les mineurs intersexes subissent mutilations et traitements contre leur gré et souvent n'ont pas accès à leur dossier médical. Toutes ces discriminations conduisent nos adelphes à la misère, à l’isolement, à la rue, aux suicides. La mise en danger des travailleuses du sexe continue d'allonger la liste des transféminicides : dix jours après notre dernière marche, Frida décédait d'une attaque subie au bois de Boulogne.
La situation actuelle n'est guère réjouissante. Le budget Bayrou supprime des milliards dans la Santé, mais double le budget militaire : casse sociale, casse de l'hôpital public, attaques contre l'ALD, contre l’Aide Médicale d’État (AME) alors qu'elles représentent un véritable besoin pour les trans et intersexes, travailleur·ses du sexe et immigré·es. En parallèle, la complexification de l'accès à l'Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) et la loi sur la fin de vie nous montrent bien ce que cette société capitaliste réserve aux handicapés et à ceux qui ne rentrent pas dans son carcan.
Cette offensive réactionnaire ne se limite pas à la France. Après des décennies de pinkwashing et d'institutionnalisation des questions LGBTI, des gouvernements et des entreprises partout dans le monde tentent d'interdire les transitions des mineurs, pour ensuite interdire les transitions tout court. Et ce n'est pas que la droite : au Royaume-Uni, le gouvernement de gauche a maintenu l'interdiction des transitions des mineurs et a soutenu la Cour suprême qui a déclaré que les femmes trans ne sont pas des femmes.
Si les attaques antitrans et contre les travailleurs se multiplient, ce n’est pas un hasard ; la bourgeoisie se militarise. Pour conserver son rang sur la scène internationale, la France prépare la jeunesse au travail acharné et à la guerre et prépare les femmes à faire des enfants. Elle a besoin de maintenir la division genrée et la suprématie blanche, alors elle multiplie les lois racistes, islamophobes et anti-immigrés. Le racisme et la transphobie sont deux vecteurs de radicalisation vers le nationalisme. Tout cela nous montre quelle est la source de nos maux et quels drapeaux nous devons brandir : celui de la résistance palestinienne, celui de la résistance kanak, qui sont les premiers à lutter contre l'impérialisme qui renforce notre oppression. Nous devons nous opposer par tout les moyens à l'envoi d'armes pour le génocide du peuple palestinien. Tant que les peuples opprimés ne seront pas libres, les trans et les intersexes ne pourront l'être !
Plus que jamais, alors que les mineurs vont être sujet de discussion à la HAS, alors que les réacs sont aux portes du pouvoir, le soutien aux trans et intersexes doit être une priorité du mouvement social.
La mobilisation rejointe par les syndicats au Royaume-Uni nous montre la voie : le rapport de force est la seule chose qui peut empêcher les antitrans. Construisons-le avec l’ensemble de notre classe en lutte, et sans oublier nos revendications, sans oublier aucune d'entre nous.
Le 18 octobre, mobilisons-nous pour :
- Des transitions médicales et administratives libres, gratuites et dépsychiatrisées et déjudiciarisées
- L’arrêt immédiat des mutilations et traitements forcés sur les personnes intersexes, des examens invasifs non consentis, des pratiques psychiatriques imposées
- Des investissements massifs dans la Santé pour assurer l'accès effectif aux soins reproductifs et de transition pour tous
- Le remboursement total des frais réels d’un parcours de transition, notamment par les congés de transitions, permettant une réelle inclusivité des personnes trans au travail
- L'abrogation de toutes les lois anti-immigration et islamophobes, la protection de l'Aide Médicale d'Etat, la régularisation de tous les sans papiers
- La dépénalisation du travail du sexe, la fin des politiques abolitionnistes et l’abrogation de la loi de 2016 visant à pénaliser les clients qui favorise les politiques répressives racistes de l’Etat.
- Le soutien aux peuples opprimés par l’impérialisme, dans les colonies françaises et en Palestine
