Le travail des organisations syndicales ces dernières années et la prise en compte progressive des violences sexistes et sexuelles dans la société, ont permis une certaine considération des violences sexistes et sexuelles au travail, au sein du ministère de l’Éducation nationale. Cependant, si aujourd’hui elles ne sont plus complètement niées, les moyens et les actions du ministère et des différentes administrations ne sont pas à la hauteur des enjeux.
Au moins deux femmes sur cinq affirment avoir subi des violences sexistes ou sexuelles au travail (VSST) et une femme sur cinq déclare avoir subi des comportements à caractère sexuel sur son lieu de travail (enquête Genese 2021). Au sein du ministère de l’Éducation nationale et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (ESR), ces chiffres sont sans doute encore loin de l’ampleur des VSST : dans une enquête réalisée par SUD éducation en 2024, 60% des répondant·es affirmaient avoir déjà été victimes de VSST. Souvent ces victimes ne sont pas cru·es, écouté·es, accompagné·es et protégé·es par leur hiérarchie et par l'administration. Cette inaction constitue une seconde violence institutionnelle pour les victimes.
Aujourd'hui, il est urgent qu’à toutes les échelles des moyens et des actions soient mises en place pour lutter durablement contre les violences sexistes et sexuelles au travail. Il est urgent d’appliquer pleinement et entièrement la circulaire du 9 mars 2018 relative à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans la fonction publique et la convention d'Istanbul, qui comprennent notamment un droit à l’information sur les violences, leur qualification juridique et leur prise en charge par l’administration, un droit à une orientation et un accompagnement, notamment financier, dans les procédures juridiques, un droit à un accompagnement médical et une prise en charge des frais afférents, une obligation de formation des personnels et de sanction des agresseurs. Cela passe par des mesures prises au niveau ministériel ou académique mais aussi au sein de notre école/établissement par l’introduction de la prévention et de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans le document unique d’évaluation des risques professionnels ou encore par la mise en place de formation à destination des personnels.
Il s’agit de reconnaître et de protéger toutes les victimes de violences sexistes et sexuelles au sein de notre ministère.
Le conseil d’école de ……. / Le conseil d’administration de …….
