Déclaration de SUD éducation au CSE du 4 décembre 2025

Monsieur le Ministre,
Mesdames et Messieurs les membres du CSE,

Nos premiers mots seront pour nos camarades Cécile Kohler et Jacques Paris, dont la mise à l’abri au sein de l’ambassade de France préfigure, nous en faisons le vœu, la libération pleine et entière.

Les personnels, qui suivaient avec intérêt sinon curiosité les derniers remaniements ministériels, sont désormais lassé·es que les gouvernements se succèdent en maintenant le cap de l'injustice sociale, fiscale et environnementale.

Il y a près de deux mois, le nouveau gouvernement présentait ainsi son projet de loi de finances 2026 et son projet de loi de financement de la sécurité sociale. C’est un budget d’austérité qui refuse à l'école les moyens de sa réussite.

Dans l’enseignement scolaire, l’annonce de la suppression de 1891 postes d'enseignant·es dans le premier degré et 1365 dans le second degré est inadmissible. Au lieu de profiter de la baisse démographique pour diminuer les effectifs dans les classes et améliorer ainsi les conditions d’apprentissage des élèves, le gouvernement préfère tenir fermement les cordons de la bourse pour l’éducation et injecter toujours plus d’argent dans la défense. Pour SUD éducation, il est temps de baisser les effectifs des classes et de donner à l’école les moyens d’une politique ambitieuse de lutte contre les inégalités sociales et scolaires, que les dernières réformes n’ont cessé de renforcer.

Les dernières réformes, nées d’une volonté de communication plutôt d’une véritable réflexion collective, imposées sans concertation, et dénoncées très largement par les personnels, ont contribué à renforcer le tri social et à désorganiser les établissements. La prise en compte des retours de la communauté éducative ont fort heureusement conduit les ministres successifs à atténuer sinon à neutraliser une partie de ces réformes mais, dans l’enseignement professionnel, il est urgent d’en finir avec le parcours différencié, qui se ferait au détriment des enseignements, et d’acter le retour des examens sur la seconde quinzaine de juin.

L’école a été abîmée par ces chantiers menés tambour battant, qui participent sans nul doute du décrochage de la satisfaction liée au métier d’enseignant·e révélée par la dernière enquête Talis. En miroir, le pourcentage d’enseignant·es qui indiquent regretter d’avoir choisi ce métier ne cesse d’augmenter.

Désormais, l’école a non seulement besoin d’être épargnée mais elle a aussi besoin d’être réparée par des mesures fortes et qui emportent l’adhésion de tous les personnels :

  • la baisse du nombre d’élèves par classe, pour nos conditions de travail et les conditions d’études de nos élèves ;
  • la création d’un statut pour les AESH, indispensable pour combattre la précarité et construire une école vraiment inclusive ;
  • l’augmentation des salaires, indispensable pour renforcer l’attractivité des métiers de l’éducation, que la réforme du recrutement et de la formation initiale ne pourra seule améliorer ;
  • la refonte de la carte de l’éducation prioritaire avec le retour des lycées et l’augmentation de ses moyens ;
  • l’arrêt du financement de l’école privée avec de l’argent public ;
  • la rénovation du bâti scolaire, non seulement pour l’isolation thermique mais aussi pour la prise en compte du risque amiante. Cette question de santé publique majeure concerne non seulement de très nombreux personnels mais aussi des millions d’enfants. Face à ces enjeux, l’Éducation nationale et les collectivités territoriales, sont loin d’être à la hauteur.

Enfin, un mois après la journée de lutte contre le harcèlement, nous ne pouvons pas manquer d'évoquer les résultats du dernier baromètre e-Enfance, qui révèle que près de 4 enfants sur 10 âgés de 6 à 18 ans sont victimes de harcèlement ou de cyberharcèlement.

Il y a quelques semaines, le suicide de Sarah, âgée de 9 ans, victime de harcèlement et de grossophobie, s’inscrit dans une longue liste de drames. En septembre 2023, le suicide de Nicolas, adolescent de 15 ans, a ébranlé toute la communauté éducative et le ministère de avait alors amplifié sa communication mais en donnant malheureusement l'impression d'enchaîner les effets d’annonce sans jamais débloquer de moyens à la hauteur des enjeux et sans assurer de suivi sur le temps long des dispositifs mis en place. A ces drames s’ajoutent plusieurs actes de violences racistes à l'encontre des élèves et des personnels au sein des établissements scolaires depuis le début de l’année. A l’école comme dans le reste de la société, le racisme progresse dangereusement. Il est temps au ministère d’en prendre la mesure et de proposer un plan de lutte pour mettre en sécurité les enfants et les personnels.

Cette politique ambitieuse de lutte contre le harcèlement que nous appelons de nos vœux doit s’accompagner de mesures spécifiques pour lutter contre les discriminations racistes, LGBTIphobes et sexistes.