Vendredi 28 mars, le Premier ministre et la ministre de l'Éducation nationale ont annoncé publiquement la relance de la réforme de la formation initiale.
Alors que cette réforme était gelée depuis le mois de juin 2024 en raison de la politique d'austérité budgétaire et de l'instabilité gouvernementale, pour SUD éducation ce chantier incontournable doit enfin être repris.
En effet, la rémunération insuffisante et la dégradation des conditions de travail sont à l'origine d'un effondrement du recrutement qui se généralise à l'ensemble des concours. Les précédentes réformes de la formation initiale sont de véritables échecs et l’allongement de la durée d’études avant de passer le concours a asséché le vivier des candidat·es. Aujourd'hui, l’année de master 2 est intenable pour les étudiant·es qui doivent passer le concours, faire des stages et valider leur M2.
Face à cette situation critique, il est urgent de revaloriser les salaires, d'améliorer les conditions de travail mais aussi de repenser le recrutement des enseignant·es. Lors des précédentes concertations, SUD éducation avait porté avec force le retour à un concours à bac+3 avec deux années de formation diplômante sous statut de fonctionnaire stagiaire. Cela permet de maintenir le niveau de qualification des enseignant·es à bac+5 tout en offrant aux candidat·es la perspective d’un recrutement précoce, suivi d’une solide formation rémunérée.
Les annonces du ministère répondent en partie aux revendications portées par SUD éducation lors des concertations, néanmoins SUD éducation se montrera particulièrement attentif aux différents aspects de la réforme afin de défendre les droits des futur·es d’enseignant·es et des personnels qui travaillent à la formation initiale des enseignant·es. De véritables concertations au sujet de l’organisation de la formation et du contenu des formations avant et après le concours ainsi que des modules de préparation aux concours doivent avoir lieu rapidement. Pour SUD éducation il est primordial qu’un financement soit annoncé dès le début de ce nouveau cycle de concertations afin de garantir que les fonctionnaires stagiaires ne soient pas utilisés comme moyen d’emploi et que les sites départementaux et les personnels soient maintenus.
SUD éducation s’inquiète aussi des délais dans lesquels cette réforme se déploie à partir de la rentrée de septembre 2025 : le manque d’anticipation participe à dégrader les conditions de travail des personnels qui mettent en œuvre la formation initiale. SUD éducation défendra auprès du ministère un calendrier permettant un travail de concertation sur le terrain et respectueux des conditions de travail des personnels.

