Groupes de niveau : refusons de trier les élèves !

Le ministère de l’Éducation nationale prévoit une nouvelle réforme du collège “Choc des savoirs” avec la mise en place de groupes de niveau sur l’ensemble des horaires de maths et de français en 6e et en 5e à la rentrée 2024, puis la généralisation aux classes de 4e et de 3e à la rentrée 2025 et une refonte du brevet : part plus importante du contrôle terminal, obtention obligatoire pour aller en seconde pour la session 2025 avec, dès cette année, la fin des correctifs académiques.

Plutôt que de donner davantage de moyens pour la scolarité de tous les élèves, Attal a fait le choix de mesures qui sanctionnent, qui sélectionnent et qui trient ces élèves. La politique éducative du ministère répond aux pressions de la droite libérale et réactionnaire et de l’extrême droite en reprenant leurs propositions.

Que dit l’enquête PISA ?

 

Les résultats montrent, d’une part, un décrochage en français et en mathématiques plus important en France que dans la moyenne des autres pays de l’OCDE et, d’autre part, que la France est l’un des 6 pays de l’OCDE où l’origine sociale pèse le plus sur les résultats des élèves. Les élèves issus de milieux défavorisés sont toujours sur-représentés dans les filières professionnelles. PISA montre l’ampleur des inégalités sociales à l'œuvre à l’école et Attal a choisi de les aggraver !

Une réforme inégalitaire !

Ce sont la mixité sociale et l’hétérogénéité des classes qui font progresser les élèves.

Pour SUD éducation, il faut :

  • davantage de mixité sociale : la publication des indices de positionnement social (IPS) montre que l’enseignement privé est largement responsable du manque de mixité sociale. En 2022, ce sont 21,6 % des élèves de 15 ans qui étaient scolarisés dans des établissements privés contre 16,4 % en 2018. Le ministère doit prendre des mesures pour empêcher la fuite des élèves vers le privé plutôt que de le financer avec l’argent public.
  • davantage de moyens pour prendre en charge l’hétérogénéité des niveaux dans les classes : il faut baisser le nombre d’élèves par classe pour améliorer les conditions d’étude en classe et prévenir la difficulté scolaire.

 

Une réforme sans moyens !

 

À la rentrée 2024, 2 400 postes devaient être supprimés. Pour mettre en œuvre sa réforme, Attal a dû revoir le schéma d’emploi et a annoncé :

  • la suppression de 650 postes dans le 1er degré,
  • la création de 574 postes dans le 2nd degré.

SUD éducation revendique l’annulation des suppressions de poste dans le 1er degré pour permettre le remplacement des collègues et l’utilisation des créations de poste dans le 2nd degré pour baisser le nombre d’élèves par classe et garantir les remplacements.

 

Pour les groupes de niveau, le ministère a besoin de 2 300 postes : 1 150 profs de français et de 1 150 profs de maths, pour les financer, il prévoit :

  • d’utiliser 830 emplois parmi ceux qui ont été sauvegardés pour 2024 ;
  • de rogner d’une heure le volume d’horaire en classe de 6e : 1 500 emplois ;
  • de prendre sur les dispositifs existants (UPE2A, Classes relais, SEGPA)

 

Force est de constater que les dotations attribuées de manière très opaque aux collèges sont insuffisantes : pour les financer, les chef·fes d’établissement devront prendre sur la marge de 3h par classe au détriment des demi-groupes et options.

 

Que sait-on des groupes de niveau ?

Le ministère veut que les enseignant·es répartissent les élèves dans des groupes de niveau avec une possibilité de changement de groupe en cours d’année.

Le ministère laisse toute autonomie aux collèges pour définir les groupes et le nombre d’élèves par groupe en fonction des moyens de l’établissement. Il n’y aura pas de limitation à 15 pour les groupes d’élèves en difficultés comme cela avait été annoncé. Les élèves les plus en difficultés seront sortis de leur classe pour être réunis avec les autres élèves en difficulté des autres classes en français et en maths. Cette mesure est stigmatisante et vient fragiliser les élèves les plus en difficulté.

 

Quelles conséquences pour nos métiers et nos conditions de travail ? 

Il s’agira pour les chef·fes d’établissement de mettre en barrette tous les enseignements de français et de maths de plusieurs classes d’un même niveau pour former des groupes interclasses, dans la limite des moyens disponibles. On imagine déjà les conséquences désastreuses pour les emplois du temps des élèves et des personnels mais aussi la difficulté pour les collègues de mathématiques et de français de changer d’élèves au cours de l’année ou d’être professeur·e principal·e sans connaître tous les élèves. Cette réforme va désorganiser la vie des collèges,  et accroître les inégalités sociales.

SUD éducation appelle les personnels à se mettre massivement en grève le 1er février et à faire voter dans les CA des motions pour refuser collectivement de trier les élèves !

SUD éducation revendique :

  • la  baisse du nombre d’élèves par classe,
  • une meilleure formation initiale et continue des personnels sur temps de service,
  • un meilleur accompagnement médico-social des élèves,
  • la reconnaissance du métier d’AESH par la création d’un véritable statut de la fonction  publique !

Contre la réforme du collège et le tri des élèves : tou·tes en grève le 1er février !