Notre corps nous appartient !

 

1° Injonctions vestimentaires

Régulièrement, dans beaucoup de collèges et lycées, de nombreuses élèves reçoivent des avertissements ou se voient refuser l’accès de leur établissement parce que leur tenue est jugée « provocante » ou « indécente ».

Ne nous méprenons pas. Quelle que soit l'argumentation déployée, l'enjeu est toujours le même : contrôler l'habillement des jeunes filles, considérer qu'il n'est pas acceptable que leur corps soit visible.

  • Nous soutenons les jeunes collégien·nes et lycéen·nes dans leur combat pour le droit de s’habiller comme ils et elles l’entendent, et contre les remarques sexistes des adultes.
  • Nous condamnons toutes les démarches qui visent à interdire l'accès à l'établissement scolaire à des élèves sous prétexte d'une tenue inadaptée.
  • Nous condamnons les règlements intérieurs qui se transforment en police vestimentaire et restreignent de manière injustifiable la liberté des élèves et exigeons la réécriture de ces derniers.
  • Nous revendiquons une réelle éducation pour tou·tes les élèves sur les questions de sexisme, de genre et de consentement.

 

2° Grossophobie

En 2019, le terme grossophobie entre dans le dictionnaire : « attitude de stigmatisation, de discrimination envers les personnes obèses ou en surpoids ». Cette entrée est une première victoire symbolique pour les personnes et collectifs qui se mobilisent pour faire entendre la réalité des discriminations systémiques que subissent les personnes grosses ou perçues comme telles. La stigmatisation, les discriminations et le dénigrement que subissent ces personnes sont étroitement liées aux injonctions normatives sur les corps, qui pèsent avec d’autant plus de force sur les femmes.

  • Face à la grossophobie, ce sont toutes les représentations sur les normes de beauté et sur ce qui serait             « acceptable » ou pas dans l’apparence physique qu’il faut déconstruire. Il est urgent que les autorités de santé publique prennent en compte, sans jugement, les variations morphologiques qui existent et qui sont le résultat bien plus des conditions matérielles d’existence que de responsabilités individuelles.
3° Assignation de genre

Dès la naissance, les enfants sont assigné·es à un genre, féminin ou masculin, au regard des attributs de leur corps biologique. Les études de genre ont pourtant bien montré la nécessité de dissocier sexe d’une part, et genre d’autre part (c’est-à-dire la construction sociale des identités). De fait, la question des identités trans met en lumière les problèmes que pose l’assignation de genre. Les personnes trans sont obligé·es de se battre quotidiennement pour faire valoir leur identité face aux discriminations et violences transphobes systémiques.

  • L’autodétermination, le respect des parcours de chacun·e et des prénoms et pronoms d’usage doivent s’imposer dans l’ensemble de la société à commencer par l’école (changements de prénom sur les listes d’appel, sur le carnet de correspondance, sur l’ENT, etc.)

 

4° Mutilation des enfants intersexes

Selon la définition de l’ONU, les personnes intersexes sont nées avec des caractères sexuels (génitaux, gonadiques ou chromosomiques) qui ne correspondent pas aux définitions binaires types des corps masculins ou féminins.

C’est d’abord avec l’accord des parents – parfois extorqué sous la pression par les médecins – parfois à leur demande, que les enfants et adolescent·es intersexes sont le plus souvent mutilé·es, opéré·es et soumis·es à des « traitements » hormonaux lourds.

Outre ces mutilations, les personnes intersexes ont à subir stigmatisation et violences, en particulier à l’adolescence : les adolescent·es sont, en effet, obsédé·es – et socialement encouragé·es à l’être – par la transformation de leur corps et sa conformité aux normes de genre dominantes.

  • Les mutilations, stérilisations, traitements hormonaux non consentis sur des personnes intersexes, quel que soit leur âge, doivent cesser.
  • Le droit à l’autodétermination des personnes intersexes doit être reconnu : respect du prénom et des pronoms d’usage des élèves dans l’Éducation nationale, possibilité de changement d’état civil libre et gratuit par simple déclaration devant un officier d’état civil en mairie, sans intervention des pouvoirs médicaux et judiciaires.
  • La formation des personnels éducatifs sur les questions intersexes doit être effective.
  • Une prise en compte, non pathologisante, des variations intersexes dans les supports pédagogiques doit prévaloir.

 

5° Droit à l’IVG

Partout dans le monde le droit à l’avortement est attaqué par le système patriarcal. Près d’une femme sur trois a recours à l’avortement au cours de sa vie. Chaque année, sur 1 000 jeunes de 12 à 14 ans enceintes, 770 ont recours à une IVG. Le droit à l’avortement est un droit légitime et nécessaire pour l’égalité des femmes et des hommes. Ce droit qui progresse en théorie, est remis en cause en pratique en France. Aujourd’hui, des femmes n’y ont plus accès, car les moyens alloués aux hôpitaux et centres IVG ne cessent de diminuer. La montée des extrêmes-droites remet également en cause ce droit fondamental pour les femmes de décider d’enfanter ou pas, quand et avec qui.

  • L’accès à l’avortement est un droit
  • La clause de conscience des professionnel·le·s de santé doit être supprimée de la loi ;
  • Des moyens financiers doivent être donnés pour que les centres pratiquant l’avortement et les centres de planification soient accessibles sur tous les territoires ;
  • Des campagnes d’information tous publics sont nécessaires pour pouvoir en parler librement sans tabou ni jugement ;
  • L’éducation à la vie sexuelle doit être prodiguée à toutes et à tous pour qu’elles et ils puissent avoir des choix libres et éclairés.

 

6° PMA pour tous·tes, et maintenant !

Devenir parent·es en dehors du cadre du couple hétérosexuel est un parcours de combattant·es Aujourd’hui en France, nombre de femmes et de personnes trans assignées femmes à la naissance sont confronté·es à des obstacles pour devenir parent·es, dès lors que leur projet d’enfant sort du cadre du couple hétérosexuel.

Depuis la loi bioéthique du 2 août 2021, la PMA est accessible aux femmes célibataires et aux couples de femmes mais pas aux personnes trans assignées femmes à la naissance.

La PMA pour tou·tes est un enjeu important pour la lutte contre les discriminations, notamment pour les femmes lesbiennes et les hommes trans. Qu’iels soient seul·es ou en couple, iels doivent avoir accès à la parentalité comme les couples hétérosexuels.

En plus d’exclure les hommes trans, le projet de loi exclut de nombreuses femmes, ne pouvant se permettre le « luxe » de devenir mères en tant que lesbiennes précaires. La conjointe qui ne porte pas l’enfant se voit confrontée à une immense injustice : celle de ne pas être reconnue comme mère légitime de l’enfant.

Au travail, les femmes qui entreprennent une démarche de PMA ponctuée de nombreux rendez-vous médicaux et subissent parfois les conséquences d’échecs qui peuvent survenir, n’ont pas droit à des autorisations d’absence avec traitement, comme c’est de droit pendant une grossesse. Là encore, il s’agit une discrimination au travail pour les femmes lesbiennes.

SUD ÉDUCATION REVENDIQUE :

Pour les agent·es :

  • la PMA accessible pour tou·tes : femmes seules, lesbiennes précaires et hommes trans
  • le remboursement intégral par la sécurité sociale des frais médicaux
  • l’autorisation d’absence accordée de droit pour tous les RDV médicaux

Pour les élèves :

  • la prise en charge dans les programmes des questions LGBTQIA+ : déconstruction des stéréotypes et discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre, diversité des modèles familiaux etc.